10 choses que l'on ne devrait plus voir sur le vin

10 choses que l'on ne devrait plus voir sur le vin

En ce mois de janvier propice aux bonnes résolutions, profitons-en pour nous remettre en question à propos de notre breuvage préféré. Voici 10 choses que l’on ne devrait plus voir sur le vin en 2023...

1 : Définir une cuvée par son degré d’alcool

Il n’y a rien de plus agaçant qu’une personne qui demande à connaître le degré d’alcool d’un vin avant même de le goûter. Tout simplement parce que ce paramètre analytique ne définit en rien les sensations ressenties lors de sa dégustation.

L’équilibre en bouche est la résultante de plusieurs paramètres qui se contrebalancent. Un vin rouge titrant 14,5 % Vol. ne sera pas lourd, brûlant, s’il possède une belle matière, de l’acidité, des tanins enrobés.

2 : Penser que le vin peut être vegan

Quiconque a vendangé au moins une fois dans sa vie sait pertinemment que escargots, pince-oreilles, coccinelles, guêpes, se retrouvent dans les seaux ou les bennes, puis dans les cuves.

Même si les auxiliaires de fabrication d’origine animale tels que la caséine, colle de poisson, albumine, ne sont pas utilisés afin de coller les vins estampillés vegan, il n’en demeure pas moins que leur élaboration ne peut se faire sans dommages collatéraux...

3 : Hésiter entre un vin blanc sec ou fruité

A la question fatidique vous voulez un vin blanc sec ou fruité ?, qui est encore trop posée quand on choisit un vin au restaurant, ma réponse est je veux un vin blanc sec et fruité !

Pourquoi opposer ces deux caractéristiques qui ne sont pourtant pas antinomiques ? Un vin sec ne possède pas de sucres résiduels (voir notre article Comment élabore-t-on un vin sucré ?), un vin fruité exprime des arômes de fruits. La majorité des blancs secs présentent des effluves d’agrumes, fruits exotiques, à chair blanche...

Pour en savoir plus, voir notre article Comment choisir un vin au restaurant ?

4 : Confondre goût de terroir et déviations organoleptiques

Je vous arrête tout de suite, si un vin sent la pomme pourrie, l’écurie, la sueur de cheval, l’œuf pourri, cela n’est en rien un gage d’authenticité !

Il s’agit juste d’un vin déviant, ayant subi des modifications altérant sa qualité, qui, a contrario, gomment la typicité du terroir et des cépages.

5 : Avoir des idées reçues sur une appellation

Les vins de Bordeaux sont chers, ceux de Gaillac ou de Madiran trop puissants, ils sont trop chauds en Languedoc, trop légers en Beaujolais, peu qualitatifs dans le Muscadet...

Bref, le commun des mortels ne manque pas d’a priori concernant une appellation donnée. Sachez cependant qu’il ne faut jamais faire de généralités, les vigneronnes et vignerons savent mieux que quiconque se remettre en question, faire évoluer leurs techniques de culture de la vigne, de vinification et d’élevage. Il ne faut jamais négliger la diversité, source de richesses, engendrée par une personnalité, un terroir, un savoir-faire.

6 : Dénigrer le vin en canettes

Quand on me demande quel est mon vin préféré, je réponds que je n’en ai pas, parce qu’il y a des vins pour tous les moments de vie.

Même si ce contenant n’est pas propice à la garde (voir notre article Quels vins pour quels contenants ?), on trouve aujourd’hui des vins de bonne qualité conditionnés en canettes, répondant à un mode de consommation baroudeur et décomplexé.

7 : Boire un vin rouge avec du Comté

Quelques rouges de Savoie, d’Alsace, peu concentrés, avec peu de tanins, de la fraîcheur, peuvent certes se marier avec un fromage de caractère. Mais pitié, respectons l’animal qui a produit le lait, et les fromagères et fromagers, en n’associant pas un Comté, Beaufort, Gruyère Suisse, chèvre, avec un vin rouge qui va complètement les dominer.

De plus, le caractère lacté et l’amertume de la croûte des fromages ne font pas bon ménage avec les tanins, la sensation d’astringence sera exacerbée.

Pour en savoir plus, voir notre article Vin et fromage : le Comté

8 : Cantonner le rosé à l’été

Je dois certainement manquer de force de persuasion parce que, même si je m’époumone depuis déjà plusieurs années, mon entourage décline souvent mon invitation à déboucher une bouteille de rosé en dehors de l’été.

Alors que le rosé offre un vaste terrain de jeu en termes d’accords mets et vins, avec de la truite ou du saumon fumé, des pâtes carbonara, une pizza, une tartiflette, des crustacés, des dim sum, un curry de crevettes...
Qu’on se le dise, les rosés dignes de ce nom sont des vins à part entière !

9 : Rechigner sur une bouteille à 15 euros

Si on prend en compte les aléas climatiques, l’exception d’un terroir, les coûts de production des raisins, de la vinification, la mise en bouteille, l’habillage, la commercialisation, le travail acharné des femmes et des hommes, le plaisir du partage et de la découverte, il est plus qu’indélicat de rechigner sur le prix d’une bouteille de vin. Tout travail mérite salaire !

Pour en savoir plus, voir notre article D'où vient le prix d'une bouteille de vin ?

10 : Qualifier un vin de femme ou vin féminin

Non les vigneronnes ne font pas des vins plus élégants, soyeux, légers que les vignerons ! Non les femmes ne préfèrent pas les cuvées frivoles, gouleyantes, sucrées !
Il serait grand temps de dissocier les qualités intrinsèques d’une personne de son nombre de chromosomes X, cela s’appelle des stéréotypes de genre.

Allez, démarrons cette nouvelle année du bon pied !

Publié , par La WINEista