Cépages méconnus : le Fié Gris

Cépages méconnus : le Fié Gris

Si vous n’avez jamais entendu parler du Fié Gris, peut-être le connaissez-vous sous son autre nom, le Sauvignon Gris. En effet, il est une mutation rose du célèbre Sauvignon Blanc, une variété internationale qui a su s’imposer aux quatre coins de la planète. Mais ne vous y trompez pas, il a une personnalité bien à lui. Zoom sur ce cépage encore trop méconnu.

Une mutation naturelle passée inaperçue

Si son lien de parenté avec le Sauvignon Blanc est avéré, difficile de savoir véritablement d’où il provient. Le Sud-Ouest et la Loire se disputent son origine depuis toujours et les théories divergent quant à son berceau de naissance. Il semblerait toutefois que ce soit le Sud-Ouest qui remporte la majorité des suffrages, puisqu’il y est présent dès le XVIIème siècle, alors qu’il ne serait apparu dans la Loire que 200 ans plus tard.

Son nom viendrait de fier, une référence à la nature sauvage de cette vigne. D’ailleurs, sa mutation est entièrement naturelle. Il a fallu quelques temps aux vignerons pour réaliser que ces plants blancs virant au rose étaient une toute nouvelle espèce. Cette dernière est donc restée longtemps inexploitée alors qu’elle possède de multiples atouts. Elle est certes sensible à l’oïdium et aux maladies du bois, mais prouve sa résistance à la pourriture noble et au mildiou. Petit à petit, elle gagne du terrain. D’abord largement touchée par le phylloxéra, ce terrible puceron ravageur qui a décimé la majeure partie du vignoble français, elle passe de 10 hectares en 1958 à plus de 600 aujourd’hui. Une production encore confidentielle dont la notoriété ne cesse cependant de croître.

Un cépage aux multiples facettes

Il apprécie particulièrement les sols argileux sur lesquels il s’épanouit et atteint une maturité optimale. Autre singularité, il offre une expression unique avec de superbes notes minérales lorsqu’il est cultivé sur des silex, ce qui explique son expansion dans la Vallée de la Loire.

A la dégustation, on lui trouve de nombreuses caractéristiques communes avec son réputé cousin. Cela ne l’empêche pas également d’imposer son propre caractère au cœur de vins blancs secs à la vivacité assumée. Dès les premières inspirations, des fragrances de buis, de rose, d’aubépine et d’agrumes tels que le pamplemousse se dégagent. Des parfums de litchi et de fruit de la passion s’ajoutent ensuite à cette palette complexe. Il se distingue en bouche par son gras, sa suavité et sa matière, tous trois remarquables, ou encore sa trame acide équilibrée synonyme de beau potentiel de garde.

Vous souhaitez dénicher des cuvées qui en sont issues pour découvrir cette variété hors norme ? Rendez-vous en appellation Cheverny, ou bien dans l’incontournable Sauternes dont il occupe une place importante de l’encépagement. Les vins du Pays d’oc, du Périgord et de Bergerac en sont aussi friands, tout comme le Quincy, le Touraine, le Tursan ou le Valençay. Enfin, il aide à produire le Floc de Gascogne, ce vin de liqueur puissant qui associe moût de raisin et Armagnac.

Et on le boit avec ?

Lorsqu’il provient de terres riches en silex, il a de jolies notes iodées capables de souligner les poissons les plus fins. Associez-le avec des poissons blancs à la chair délicate. Le cabillaud ou la sole par exemple. Son ampleur et son gras sont des alliés de choix des fromages de chèvre auxquels ils apportent une autre dimension. Et si vous souhaitez surprendre les palais de vos convives, n’hésitez pas à le marier avec des plats asiatiques aux saveurs relevées. Enfin, sachez qu’il est parfait avec des légumes, et saura donc ravir vos convives végétariens.

Publié , par Marie Lallemand