Cépages méconnus : le Poulsard

Cépages méconnus : le Poulsard

Bien qu’il ne soit pas aussi célèbre que les merlots et autres chardonnays, le Poulsard est une variété ancienne qui a réussi à traverser les siècles avec brio. Les amateurs de vins du Jura le connaissent intimement et il a plus d’une corde à son arc. Découvrez son histoire et ses saveurs…

Une variété fidèle à sa région d’origine

Il est originaire de Franche-Comté et s’est imposé comme l’un des cépages emblématiques des vignobles du Jura et de Bugey. On en trouve d’ailleurs des traces écrites dès 1732, lorsqu’il avait été qualifié de bon cépage par le parlement de Besançon. Ne soyez pas étonnés de le trouver sous le nom de "Ploussard" dans sa région phare, où il produit des cuvées qui ont été surnommées vins de corail en hommage à leur robe d’un joli rose profond. Ici, il peut être vinifié seul, possédant les qualités nécessaires pour produire des nectars complexes et élégants sans l’aide d’autres variétés. Cependant, il est également couramment assemblé au Pinot Noir et au Trousseau, qui se sont eux-aussi épanouis dans ces contrées somptueuses où les reliefs montagneux sont rois. Il a toutefois peiné à en traverser les frontières, en dehors d’une excursion notable à l’autre bout du monde, en Nouvelle-Zélande.

Fruit et vivacité à la dégustation

S’il est parfois utilisé pour élaborer le Crémant du Jura, un effervescent auquel il apporte ses notes fruitées, il est généralement au cœur de cuvées rouges et rosées. Plongeons-nous plus en détails dans la dégustation des vins qu’il délivre.

Côté rouge, on le reconnaît à sa robe peu colorée qui oscille entre des nuances rubis et orangées. Elle est si pâle qu’elle rappelle souvent celle d’un rosé. Dès les premières inspirations, ce sont les parfums de fruits rouges qui se démarquent au nez. Des fragrances qui se mêlent rapidement à celles plus subtiles de sous-bois, d’épices et de cuir. Une gorgée et vous serez séduits par son acidité naturelle qui propose une belle tension et équilibre sa souplesse. Vous pourrez le savourer jeune, sur le fruit, ou après quelques années selon le travail des viticulteurs. Les arômes tertiaires se feront alors plus présents et ils gagneront en puissance.

Les vins rosés partagent avec leurs homologues rouges cette robe très claire caractéristique. Les fruits rouges sont encore de mise, avec des touches gourmandes de groseille et de fraise des bois, tout comme le sous-bois et le cuir. Mais ils rencontrent les agrumes dans une harmonieuse fraîcheur, et s’enrichissent de surprenantes notes fumées. La vivacité est au rendez-vous en bouche dans un ensemble agréable et aérien.

L’allié de nombreux mets

De par sa légèreté, il faut faire attention à ne pas associer le Poulsard à des délices trop intenses à table. Ainsi, en rouge, préférez le marier à des plats estivaux qu’il saura souligner sans s’effacer. Ce sera le cas avec des salades composées ou des tomates farcies qui mélangent saveurs et textures. Il est aussi le compagnon idéal de la charcuterie, et saura relever des grillades préparées avec simplicité, notamment la volaille et les poissons. Enfin, ses arômes sont parfaits avec de la charcuterie fumée comme la saucisse de Morteau. Essayez donc une traditionnelle saucisse aux lentilles, dont la lourdeur sera contrebalancée par l’acidité du Poulsard.

Les rosés seront succulents avec de la charcuterie, mais sèche cette fois. Composez un plateau gourmand à l’apéritif avec du saucisson, du chorizo qui fera écho aux épices du vin, ou encore de la coppa. Autre option, un couscous qui lui-aussi rappellera le profil épicé du Poulsard. De plus, ce type de plat appelle des vins sans trop de tanins car il a tendance à durcir ces derniers. Un accord sensationnel.

Publié , par Marie Lallemand