Cépages nobles : le Merlot

Cépages nobles : le Merlot

Variété désormais célèbre à travers la planète, le Merlot a débuté son fabuleux parcours dans le bordelais. S’il est resté emblématique dans ce prestigieux vignoble, il a traversé les frontières avec succès depuis une vingtaine d’années, jusqu’à devenir le deuxième cépage rouge le plus planté au monde.

De Bordeaux à l’Australie, un triomphe planétaire

Et cette notoriété, le Merlot le doit en premier lieu à son berceau de naissance. En effet, Bordeaux et sa multitude d’appellations produisent des cuvées connues des amateurs de vins de tous pays. De Pomerol à Margaux, en passant par Saint-Emilion, on ne présente plus ces nectars qui tirent sans aucun doute leur charnu et leur fruité de ce cépage apparu à la fin du XVIIIème siècle. Parmi elles, on peut par exemple citer le légendaire Petrus, composé à 95% de Merlot. Son nom est un dérivé de merleau, qui signifie jeune merle, en hommage à ce petit oiseau qui aime picorer ses baies.

Il arrive à maturation particulièrement vite sur des sols riches en graves, mais c’est sur les argiles qu’il donne sa plus belle expression. Côté climat, il s’adapte aussi bien à des températures tempérées que chaleureuses. Une flexibilité qui explique qu’il se soit aussi bien exporté. Après le Sud-Ouest de la France, il s’est implanté dans d’autres vignobles européens comme l’Italie, l’Espagne, la Roumanie, la Grèce et la Suisse. Peu à peu, il a continué son expansion, délivrant des flacons au profil séducteur en Australie, aux Etats-Unis, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud, en Argentine, ou encore au Chili.

Vins rouges et rosés flatteurs

Dans l’hexagone, il est courant de le trouver assemblé à d’autres variétés, le Cabernet Sauvignon et le Cabernet Franc en tête. Souple, rond et gorgé de fruits, c’est lui qui atténue leur caractère parfois tannique et austère. De manière générale, ces crus se parent d’une robe soutenue aux nuances violacées. Dès les premières inspirations, ce sont les fruits mûrs qui s’imposent, accompagnés de notes de sous-bois, de fleurs et de végétal. A cela s’ajoutent des arômes d’épices et de cacao lors d’un élevage en barriques. En bouche, ils se font à la fois puissants et chaleureux, le tout porté par un fruité intense et des tanins fondus. Alors que certains se dégustent dans leur jeunesse, d’autres doivent attendre plusieurs années en cave pour révéler une texture soyeuse et une palette aromatique complexe oscillant entre fruits secs, fruits cuits et truffe.

Lorsqu’il est vinifié seul, notamment dans le Nouveau-Monde, il est marqué par les fruits rouges et noirs. Au fil de la dégustation, des senteurs de fumé, d’épices, de menthol et de vanille se dégagent également. Ils peuvent être gouleyants ou opulents selon les conditions climatiques. Mais il n’est pas l’apanage des vins rouges. Prenez aussi plaisir à le découvrir en version rosée. Parfumés, peu acides et charnus, ils sont portés par ces mêmes touches fruitées.

Et on le boit avec…

Avec la souplesse de ses premières années, on apprécie des mets simples : de la charcuterie, une pizza généreuse, des grillades ou une succulente ratatouille. Le Merlot est un allié de choix pour vos repas conviviaux, soulignant les saveurs réconfortantes de pâtes à la bolognaise, d’un sauté de veau, d’un poulet basquaise ou de légumes farcis. Toujours en rouge, mais avec quelques années de plus, il sublime les viandes rouges et le gibier. Sans oublier les champignons auxquels son bouquet fera joliment écho. Une incroyable polyvalence qui lui permet de se marier avec un florilège de saveurs tout au long de l’année. Quant aux rosés, ils aiment les plats à l’accent provençal, comme un tian ou une moussaka.

Publié , par Marie Lallemand