Du whisky en fûts de Sauternes

Du whisky en fûts de Sauternes

Il n’est pas rare que le monde du vin fasse quelques excursions dans celui des spiritueux, et ce pour notre plus grand bonheur ! Cognac et Armagnac sont élaborés à base de vin, on trouve de multiples alcools réalisés avec du marc de raisin, ainsi que des vodkas et gins faits à partir des baies elles-mêmes. Mais les fûts de nos crus favoris sont également très recherchés, et ce ne sont pas les producteurs de whisky qui vous diront le contraire.

Des incontournables écossais

Ce sont les grandes distilleries écossaises qui, les premières, ont initié cette pratique pour apporter plus de complexité à leurs whiskys. Et le type de vin qui semble remporter tous les suffrages est le moelleux. Tout particulièrement le plus réputé de cette catégorie : le Sauternes. Non content d’accentuer la couleur ambrée de ces spiritueux, il offre aussi caractère et équilibre, notamment à travers des notes fruitées et douces d’abricot ou de pêche. Glenmorangie ne s’y est pas trompée avec The Nectar d’Or, un nom franglais pour une association unique entre deux terroirs, les Highlands et le bordelais. Richesse, épices et bouche soyeuse au programme. Chez Tullibardine, le 225 Sauternes profite de fûts de Sauternes d’une contenance de 225 litres. On aime sa texture ronde, son fruité et ses touches d’agrumes. Quant à Bruichladdich et Dalmore, elles en utilisent dans leurs assemblages, entre fûts de Bourbon, de Cognac et autres. La quête de la qualité étant le pilier de ce processus, nombreux sont ceux qui utilisent des barriques du célèbre Château d’Yquem.

Aux étoiles montantes françaises

Il n’en fallait pas plus pour que les français, à proximité directe des producteurs de Sauternes, s’intéressent eux-aussi à cette technique. C’est le cas de Bellevoye, jeune marque made in France qui tire le meilleur des distilleries de notre beau pays avant une finition dans ses chais charentais. Son Bellevoye Blanc est élevé six mois en fûts de Sauternes pour un résultat tout en douceur et longueur avec une texture remarquable. À deux pas de là, on découvre Thompson’s, gamme élaborée par Simon Thompson, gentleman britannique et charentais d’adoption. Elle propose pas moins de trois whiskys affinés pendant plus de deux ans en fûts de Sauternes du Château de la Bouade : le Blended Scotch Whisky, le Speyside Blended Malt Scotch Whisky et le Single Malt Scotch Whisky.

Derniers arrivés, certains domaines viticoles se sont pris au jeu en proposant du whisky vieilli dans leurs fûts. Ils ont un avantage indéniable : la distance inexistante entre le contenant et le contenu. Car lorsque les fûts doivent voyager jusqu’en Écosse, pour éviter le développement de bactéries, il faut obligatoirement avoir recours au soufre. Une pratique non essentielle quand tout se trouve sur le même site. Le Château d’Arche, à Sauternes, a donc créé le Whisky d’Arche. Il fait venir du whisky issu de deux distilleries dans le Speyside pour le faire vieillir six mois dans les fûts de son premier vin. L’alliance parfaite de la puissance et de la douceur.

Si le sauternais prédomine, il n’est pas le seul à participer à l’élaboration de whiskys d’exception. On en trouve également dans des fûts de vin de paille du Jura, de vins doux naturels tels que le Banyuls ou le Rivesaltes, de vin rouge, ou encore d’autres spiritueux comme le Cognac et l’Armagnac.

Publié , par Marie Lallemand
Mise à jour effectuée