L’appellation Pauillac : le cœur de la réussite des 2019

L’appellation Pauillac : le cœur de la réussite des 2019

Pauillac est le temple du cabernet-sauvignon. Ce cépage très populaire est un des plus plantés dans le monde : il représente les deux tiers des raisins dits de cuve de la Chine, il est une vedette dans la Napa Valley et ailleurs. Autant il peut être revêche avec des tannins obtus et des acidités aigrelettes qui font grimacer, autant quand il est réussi, il peut accéder au sublime, sans compter ses extraordinaires capacités de vieillissement.

Cépage tardif, le cabernet-sauvignon nécessite une maturation lente sans montée excessive en alcool. Les tannins qui peuvent être d’une grande rusticité, et le sont souvent, ont besoin de terroirs spécifiques. La spécificité du terroir de Pauillac est d’être constitué de graves qui ont la particularité d’être très acides sur le plan chimique, contrairement aux terroirs calcaires qui sont alcalins. Or, plus le sol est acide, plus les transferts des éléments-trace vers la vigne sont importants, car ces éléments sont plus solubles. Par ailleurs, ces sols rendent l’acidité moins agressive, ce qui explique la grandeur du cabernet-sauvignon à Pauillac. Ce facteur est essentiel pour la compréhension de la réussite de Pauillac dans le millésime 2019.

Pauillac comprend 18 crus classés, dont trois premiers crus classés sur cinq, qui occupent 85 % voire 90 % de la surface. Quelques autres crus comme Bellegrave, Fonbadet ou encore Tour Sieujan, non moins méritoires, ont réussi à résister à cette vaste main mise. La réussite de 2019 est générale à tous les niveaux, dans les trois premiers crus, les deux seconds crus, le quatrième cru classé, dans la flopée de cinquièmes et dans les autres. À bon entendeur…

Ces notes de dégustation sont issues des dégustations dites  en primeurs  qui ont traditionnellement lieu fin mars, début avril. Le Covid a perturbé cette tradition, mais plutôt que de faire la course à l’information avec des échantillons expédiés avec plus ou moins de bonheur et des dégustations improbables, nous avons patienté jusqu’à la levée des interdictions de déplacement pour déguster les vins sur place dans des conditions idéales, ce qui explique ce retard de publication. Les raisins ont été récoltés à l’automne 2019, ils ont été vinifiés et les vins sont en début d’élevage et loin d’être mis en bouteilles. Elles ne sont qu’une indication totalement dépendante de l’échantillon présenté. Nous les dégusterons à nouveau et en bouteille en 2022, puis encore en 2023 pour un avis plus définitif.

Château d’Armailhac, cru classé Pauillac 2019

La robe est grenat avec des arômes typiquement pauillacais, le cèdre et les fruits noirs agrémentés d’épices et une touche vanillée. Le vin est souple, charmant, facile d’accès, un peu fluide, sans la concentration exceptionnelle du 2018 (dont le rendement avait été réduit à 35 hl/ha). Il affiche 13,7° d’alcool (14,5° en 2018). Fortement restructuré ces dernières années et remis en culture il y a quelques années, le vignoble possède beaucoup de jeunes vignes et, pour compenser, le grand vin n’est composé que de 56 % de la récolte (rendement 50h/ha). Très avenant dès aujourd’hui, il pourra se déguster précocement avec plaisir. Il est élaboré avec 62 % cabernet-sauvignon, 27 % merlot, 9 % cabernet-franc et 2 % petit-verdot vendangés entre le 19 septembre et le 9 octobre. Le millésime 2019 est le dernier à être élaboré par Philippe Dhalluin et dans les installations historiques avant les grands travaux.
Note 92-93

Château Batailley, cru classé de Pauillac 2019

La robe est grenat avec des arômes sur la réserve. L’attaque du vin est souple comme à son habitude, mais le milieu de bouche est plus ferme avec des tannins présents, mais sans agressivité aucune. Le vin a gagné en densité et en stature en perdant son côté policé, il est devenu plus Pauillac et il faudra l’attendre un peu plus que d’habitude. Sa longévité déjà proverbiale ne peut qu’augmenter. Le vin a été élaboré avec 74 % cabernet-sauvignon, 25 % merlot et 1 % petit-verdot, ce qui est proche du 2018.
Note 94-95

Château Bellegrave, Pauillac 2019

La robe est sombre avec des reflets violets et les arômes de cèdre ne laissent planer aucun doute sur son origine. En bouche, le vin est de bonne densité et frais, les tannins sont heureusement peu extraits. Tout comme le 2018 à son époque, ce vin se présentera bien mieux après un ou deux ans de bouteille.
Note 89-91

Château Clerc-Milon, cru classé de Pauillac 2019

La robe est grenat avec des arômes très élégants de cèdre et de cassis, puis de violette. Cette même élégance se retrouve en bouche avec des tannins racés, la même élégance qu’en 2018 et même 2017, mais avec encore plus de persistance. Une belle réussite.
Il titre 13,7°, un peu moins qu’en 2018 (14°), un peu plus qu’en 2017 (13,2°) avec des pH très comparables. Le travail des 253 parcelles porte ses fruits et se traduit par une belle régularité. Côté cépages, le 2019 est composé de 72 % cabernet-sauvignon, 22 % merlot, 4 % cabernet-franc et 2 % petit-verdot, soit un peu plus de cabernet-sauvignon que dans les millésimes précédents où il était plutôt à 60 %. Jean-Emmanuel Danjoy, le directeur, a fait du très beau travail en mettant en valeur ce beau terroir qui comporte beaucoup de vieilles vignes. Il est remplacé par Caroline Artaud qui vient de Fourcas-Hostens où elle a mis en place la certification bio at a débuté la biodynamie. Une suite logique pour Clerc-Milon qui talonne les seconds crus vedettes de la commune, voire les dépasse.
Note 95-96

Château Clerc-Milon, Pastourelle de Clerc-Milon, 2ème vin, Pauillac 2019

Rappelons que le second vin Pastourelle n’est pas vendu en primeurs, mais uniquement lorsqu’il sera prêt à être dégusté. De robe grenat, le nez fait la part belle au merlot et ses notes de café grillé qui représente les deux tiers de l’assemblage. Le vin est souple et rond, mais avec une pointe tannique qui rappelle qu’il s’agit d’un Pauillac. Dans deux-trois ans, il sera à point. Il est élaboré avec 67 % merlot, 22 % cabernet-sauvignon et 11 % cabernet-franc, un cépage qui a souffert d’alimentation hydrique en 2019.
Note 91-92

Château Croizet-Bages, cru classé, Pauillac 2019

La robe est presque noire avec un nez superbe, cèdre et cassis. Le vin est souple et rond avec un beau milieu de bouche relativement tannique, la longueur est moyenne avec une petite raideur, mais l’ensemble est très nettement supérieur à tous les millésimes précédents. Une véritable résurrection au point que je ne l’ai pas reconnu dans la dégustation à l’aveugle des crus classés de Pauillac. Il est élaboré avec 66 % cabernet-sauvignon et 34 % merlot et il est élevé avec 50 % de barriques neuves.
Note 91-92

Château Duhart-Milon, cru classé Pauillac 2019

La robe est grenat sombre avec des arômes très intenses, finement épicés avec des notes de cuir de Russie. Le vin de corpulence moyenne est élégant avec des tannins très fins, l’ensemble est suave et soyeux avec une très belle persistance. Ce terroir tardif et froid a très bien supporté les chaleurs de l’été, les merlots sur argile ont enfin pu mûrir convenablement, et il a engendré un grand Duhart avec beaucoup élégance et qui dépasse le 2018 ainsi que bien d’autres millésimes. Il a été élaboré avec 70 % cabernet-sauvignon et 30 % merlot. Vendanges du 19 septembre au 4 octobre.
Note 93-94

Château Fonbadet, Pauillac 2019

Enserré de grands crus célèbres de Pauillac, Fonbadet continue de jouer sa partition avec en 2019 un vin à la robe grenat sombre et des arômes certes peu intenses, mais d’une grande finesse avec de belles notes de cassis. Le vin est d’une grande élégance, nettement plus dense que le 2018, d’une belle longueur avec beaucoup de pureté et une finale éblouissante. Une grande réussite.
Note 92-93

Château Grand Puy Ducasse, cru classé Pauillac 2019

La robe est sombre avec de belles notes de chocolat noir. Le vin est élégant, de demi-corps avec des notes très pures de chocolat noir, les tannins sont fins et le vin est de belle persistance. Le Grand Puy Ducasse le plus fin que je connaisse. Il est composé de 53 % cabernet-sauvignon et 47 % merlot.
Note 94-95

Château Grand Puy Lacoste, cru classé, Pauillac 2019

La robe est très sombre avec des arômes splendides de cassis et de mûre, puis de cerise noire et de menthol. Le vin est dense et serré comme d’habitude, relativement tannique et même avec une petite dureté, mais l’ensemble est concentré et d’une belle complexité et ce vin s’inscrit dans les grands millésimes du château. Il est élaboré avec 83 % cabernet-sauvignon et 17 % merlot (soit un peu plus de cabernet-sauvignon que d’habitude) et il est élevé comme pour le millésime 2018 avec 75 % de barriques neuves. À acheter en primeur.
Note 95-97

Château Haut-Bages Libéral, cru classé, Pauillac 2019

La robe est dense avec un premier nez discret, puis évoluant vers une belle complexité. L’attaque sur des notes de cuir est splendide, le vin revient ensuite sur des tannins plus fermes et même un peu sévères avant de conclure sur une belle finale épicée. Il est élaboré avec 80 % cabernet-sauvignon et 20 % merlot, l’élevage s’effectue avec 40 % de barriques neuves et 20 % en amphores de porcelaine. Le millésime 2019 inaugure la première certification bio et la certification biodynamie est en vue. Un excellent rapport prix plaisir qui dépasse nettement le plus austère 2018.
Note 93-94

Château Haut-Bages Monpelou, cru bourgeois, Pauillac 2019

La robe est grenat et les arômes fortement marqués par les fruits rouges. Le vin est souple et frais, d’honnête densité, dans un style un peu sévère très pauillacais. Il se fera relativement vite et se dégustera sur sa fraîcheur. Le vin a été élaboré avec 70 % cabernet-sauvignon, 26 % merlot, 2 % cabernet-franc et 2 % petit-verdot.
89-91

Château Haut-Batailley, cru classé, Pauillac 2019

Depuis le rachat en 2017 par la famille Cazes, Haut-Batailley monte peu à peu en puissance. Le 2019 se présente avec une robe grenat sombre et des arômes de cèdre et de cassis. Le vin est de corpulence moyenne, relativement peu extrait, raffiné avec des tannins soyeux et un boisé qui se font oublier, ce qui n’était pas le cas en 2018 et surtout en 2017. Il rejoint la lignée raffinée des grands vins du château qui ne s’étaient jamais caractérisés par leur grande puissance. Dépassant largement le 2018, il est élaboré avec 76 % cabernet-sauvignon et 24 % merlot, élevage avec 60 % de barriques neuves.
Note 94-95

Château Lafite-Rothschild, 1er grand cru classé, Pauillac 2019

La robe est grenat sombre avec un premier nez un peu retenu, puis il devient très raffiné, cendre puis cassis et menthol. Le vin est dense et très élégant, l’élégance impériale du cabernet-sauvignon, longueur et fraîcheur se conjuguent pour un classicisme absolu, il est  lafitissime  avec une fraîcheur et une classe incroyables comme en 1988. La fraîcheur est très étonnante alors qu’il affiche un pH de 3,90 (le pH de 2018 comme en 2017 était au niveau de 3,75). Le niveau d’alcool de 13,4° est comparable à celui de 2018 (13,3). Il dépasse largement le millésime 2018, sans toutefois arriver au niveau de 2016 nettement plus dense. Le grand vin représente 40 % de la production, le second vin 40 % aussi sur 112 ha (dont 88 ha en production) avec un rendement de 38 hl/ha. Il est élaboré avec 94 % cabernet-sauvignon, 5 % merlot et 1 % petit-verdot. Vendanges du 19 septembre au 7 octobre.
Note 98-100

Château Lafite-Rothschild
Château Lafite-Rothschild

Carruades de Lafite, 2e vin de Lafite-Rothschild, Pauillac 2019

La robe est sombre violette avec des arômes moyennement intenses, mais très fruits noirs. L’attaque est élégante avec très beau milieu de bouche, très raffiné, les tannins sont un peu fermes, la finale encore sur la réserve, mais avec beaucoup de charme. Ce Carruades très cabernet, ce qui est rare, sera délicieux dans cinq ans, car le cabernet et sa classe aura repris le dessus. Le second vin représente 40 % de la production. Il est élaboré avec 68 % cabernet-sauvignon, 27 % merlot et 5 % cabernet-franc.
Note 94-95

Château Latour, 1er cru classé Pauillac 2019

La robe est noire avec des arômes semi-intenses d’une belle complexité de mûre et d’épices. Le vin est très élégant et persistant, les tannins sont incroyablement fins, le milieu de bouche est splendide, l’ensemble est d’une grande densité, la finale est très retenue pour le moment. Un Latour de grande élégance avec de la fraîcheur et une très grande longueur. Un immense Latour très classique, tenu par une belle acidité fine et du même niveau que le 2018. Si Latour 2018 est plus dense, le 2019 est plus harmonieux. Latour 2019 est élaboré avec 92,5 % cabernet-sauvignon et 7,5 % merlot. Il titre 14,1° (14,3° en 2018) avec un rendement de 44,7 hl/ha et représente 36 % de la production. Rappelons d’une part que le Château Latour est entièrement mené en bio et en biodynamie certifiée et que le château n’est plus vendu en primeur, mas il propose le millésime 2012 à la vente cette année.
Note 98-100

Les Forts de Latour, 2e vin du Château Latour, Pauillac 2019

La robe est sombre avec un premier nez discret, puis très fin, très fruits noirs. Le vin est finement extrait, les tannins sont très délicats, l’ensemble possède beaucoup de fraîcheur, de l’élégance, une belle persistance, dans la lignée du grand vin, mais avec plus de suavité et de charme. Il est élaboré avec 66 % cabernet-sauvignon, 32 % merlot et 2 % petit-verdot. 14,3° et représente 39 % production. Il titre 14,3° d’alcool.
Note 95-96

Pauillac de Latour, 3e vin du Château Latour, Pauillac 2019

La robe est très sombre avec un premier nez discret, puis fruits noirs. Le vin est de bonne densité avec un joli moelleux, peu de presses ont été ajoutées, joli fond. Le 2019 ne possède pas de tannins raides, ni la rusticité qui marquaient quelques derniers millésimes à l’exception d’une toute petite dureté et un côté mentholé. Il sera à son apogée dans cinq ans. Il a été élaboré avec 56 % cabernet-sauvignon, 40 % merlot et 5 % petit-verdot. Il représente 25 % de la production et il titre 14, 8°.
Note 92-93

Château Latour, 1er cru classé Pauillac 2012

En l’absence de vente en primeurs, le millésime 2012 du Château Latour est proposé à la vente. Ce millésime tardif se présente avec une robe très sombre, à peine brunie par le temps et des arômes très purs de cassis, de mûre et d’épices. Le vin est souple en attaque avec un superbe milieu de bouche complexe, il reste encore un peu de tannins à fondre. Il débute sa carrière avec un beau côté aérien, le milieu de bouche et la finale sont certes charmants, mais d’une race et d’une élégance dignes d’éloges. L’ensemble est moins monumental que les millésimes qui le précèdent, mais tellement plus nuancé. Le millésime 2012 inaugure une nouvelle ère du Château Latour et il l’ouvre avec brio. Il est élaboré avec 90,2 % cabernet-sauvignon, 9,6 % merlot et 0,2 % petit-verdot. Il peut se déguster dès à présent, mais passer le en carafe une heure avant le service.
Note 98

Les Forts de Latour, 2e vin du Château Latour, Pauillac 2014

En l’absence de vente en primeurs, ce vin est proposé à la vente. Sa robe est grenat à peine brunie sur un centimètre. Les arômes sont très ouverts, ferrugineux sur fond de fruits rouges. Le vin est souple en attaque avec une toute petite sécheresse en milieu de bouche et une jolie finale expressive, le tout est enveloppé par un beau charnu. Très cabernet-sauvignon, le vin est encore un peu austère avec de la fraîcheur, il possède une belle réserve. Les esthètes l’attendront quelques années de plus et le décanteront une heure avant le service. Il a été élaboré avec 71 % cabernet-sauvignon et 29 % merlot.
Note 95

Pauillac de Latour, 3e vin du Château Latour, Pauillac 2015

En l’absence de vente en primeurs, ce vin est proposé à la vente. La robe est encore étonnamment jeune avec des arômes très ouverts sur la pivoine. Le vin est ample, suave, ouvert, charmant, mais il reste encore un peu de tannins en finale. Il est élaboré avec 54 % cabernet-sauvignon, 42 % merlot et 4 % petit-verdot et il peut être dégusté dès à présent, mais il n’y a pas d’urgence.
Note 92

Château Lynch-Bages, cru classé, Pauillac 2019

La robe est noire comme de l’encre et le premier nez est réduit avant d’aller vers le cassis, le poivre noir et le cèdre. En bouche, le vin continue la tendance amorcée ces dernières années avec un vin élégant, sans le corps massif qui le caractérisait auparavant, les tannins sont toujours très présents, la concentration est aussi au rendez-vous, la finale superbe. Il est élaboré avec 70 % cabernet-sauvignon, 24 % merlot, 3 % cabernet-France et 3 % petit-verdot. Élevage avec 75 % de barriques neuves.
Note 94-96

Château Lynch-Moussas, cru classé de Pauillac 2019

La robe est grenat sombre avec des arômes de fruits noirs. Le vin est souple et dense avec un très beau moelleux très inhabituel en milieu de bouche, de jolis tannins très fins, beaucoup de coffre et de longueur. Superbe finale épicée d’une grande délicatesse. Pour le 100e anniversaire de la famille Castéja, Lynch-Moussas a définitivement changé de style vers davantage d’élégance et des tannins fondus et soyeux. Le vin a été élaboré avec 73 % cabernet-sauvignon et 27 % merlot, ce qui est, à un point prêt, l’assemblage du 2018.
Note 94-96

Château Mouton-Rothschild, 1er cru classé de Pauillac 2019

La robe est très sombre, violacée, avec un nez plus réservé. À l’aération apparaissent les notes de cèdre, de cerises noires, de mûres et de graphite. Le vin est pulpeux et enrobé par une douceur exceptionnelle avec une belle finale flamboyante et des tannins à la fois puissants et très nobles. Très Mouton en somme. Mais derrière cette façade de soie, le vin montre son véritable caractère : il est dense, serré, tannique, compact, ce qui lui assurera une longévité exceptionnelle. Il affiche 13,6°, ce qui n’est pas loin du 13,8° de 2018 et il a été élaboré, comme en 2017 avec 90 % de cabernet-sauvignon, 9 % de merlot et 1 % petit-verdot. Il faudra un demi-siècle pour savoir qui, in fine, sera le plus grand entre 2018 et 2019. Sur le long terme, je parie sur 2019. Philippe Dhalluin qui a marqué le renouveau et l’excellence de Mouton depuis 2004 signe avec le 2019 pour son départ le plus grand vin de Mouton-Rothschild depuis des lustres.
Note 98-100

Château Mouton-Rothschild
Château Mouton-Rothschild

Château Mouton-Rothschild, le Petit Mouton, 2ème vin, Pauillac 2019

De robe grenat pourpre, Petit-Mouton se présente avec des arômes magnifiques très expressifs, ce qui était plutôt l’apanage du grand vin. Les fruits noirs, le chocolat noir, la réglisse, les arômes de torréfaction de café grillé sont somptueux. La bouche est voluptueuse en attaque tout en préservant une belle fraîcheur, le velouté est d’un charme ravageur, les tannins sont présents et imposants même, mais font patte de velours et sont remarquablement fondus. L’ensemble est très appétissant et dépasse bien des grands vins d’autrefois. Il titre 13,9°, pas loin des 14° du 2018 et bien au-dessus des 13,2° du 2017. Il est élaboré avec 68 % cabernet-sauvignon et 32 % merlot. Très grande réussite.
Note 96-97

Aile d’Argent, Bordeaux blanc 2019

Le Château Mouton-Rothschild comprend aussi sept ha de sols sablés graveleux où sont plantés deux tiers de sauvignon et un tiers de sémillon avec une lichette de muscadelle qui engendrent Aile d’Argent. La robe est paille avec des arômes complexes de miel d’acacia et de fruits exotiques. Le vin est dense, plein, assez riche, il est très concentré avec des notes boisées, un peu de tannins, la finale est légèrement muscatée. Il est relativement proche du 2018. Il a été élaboré avec 61 % sauvignon, 38 % sémillon et 1 % muscadelle avec des vendanges entre les 5 et 11 septembre.
Note 94-95

Château Pedesclaux, cru classé, Pauillac 2019

La robe est violette avec des arômes très intenses de cassis et de cèdre. De corpulence moyenne, le vin est dense et strict, campé sur son beau cabernet-sauvignon avec de la longueur, une petite dureté tannique qui disparaîtra et une belle finesse d’ensemble. Le millésime 2019 qui dépasse largement le 2018, est le plus beau qui ait été produit à ce jour. Félicitations ! Il est élaboré avec 72 % cabernet-sauvignon, 20 % merlot, 6 % cabernet-franc et 2 % petit-verdot.
Note 93-95

Château Pichon-Lalande, cru classé, Pauillac 2019

La robe est quasiment noire avec des arômes intenses et superbes de fruits noirs et d’épices. Le vin est ample et souple avec une belle prise de bois, la matière est très concentrée et pulpeuse, d’un charme redoutable, les tannins sont soyeux, très Pichon Comtesse, la finale est éblouissante. Un grand vin ! Il est difficile de le départager de l’immense 2018, mais le petit brin de fraîcheur du 2019 pourrait faire pencher la balance en sa faveur. Il est élaboré avec 71 % cabernet-sauvignon, 23 % merlot et 6 % cabernet-franc, ce qui est très proche de l’assemblage du 2018. Il titre 14,1° (14° en 2018) avec un pH de 3,7 au lieu de 3,85 en 2018, d’où la fraîcheur supplémentaire. Le rendement est de 42 hl/ha, le grand vin représentant 50 % de la récolte. Élevage avec 60 % de barriques neuves.
Note 96-98

Château Pichon-Longueville, cru classé, Pauillac 2019

La robe est sombre avec d’intenses arômes de cassis. En bouche, le vin d’une grande élégance est porté par un splendide cabernet-sauvignon, la longueur est impressionnante avec beaucoup de fraîcheur, la finale très stricte. Très concentré, sa pureté est exemplaire. Il est élaboré avec 87 % cabernet-sauvignon et 13 % merlot, ce qui me semble être le plus haut pourcentage de cabernet-sauvignon de la propriété (78 % en 2018). Il titre 14° (14,1° en 2018) avec un pH de 3,74. Le grand vin représente 45 % de la récolte (50 % en 2018). Il est élevé comme d’habitude avec 80 % de barriques neuves.
Note 96-97

Château Pontet-Canet, cru classé, Pauillac 2019

De robe grenat, le nez est très intense et d’une grande subtilité. Le vin est très élégant et incroyablement nuancé, les tannins sont d’une grande finesse et surtout de splendides arômes de cèdre. Le vin possède beaucoup de complexité avec une vraie fraîcheur, beaucoup de réserve et de fond. La biodynamie pratiquée à son sommet par Pontet-Canet depuis de longues années fait son œuvre et marque les vins. Il est élaboré avec 65 % cabernet-sauvignon, 30 % merlot, 3 % cabernet-franc et 2 % merlot. Le vin est élevé 50 % en barriques neuves, 35 % en amphore et 15 % en barriques d’un vin. Le 2016 est immense par son classicisme, le 2018 par sa concentration phénoménale, le 2019 par son harmonie et sa complexité.
Note 98-99

Château Pontet-Canet
Château Pontet-Canet

Château La Tour Sieujean, Pauillac 2019

Le château est situé sur des graves garonnaises et son encépagement est de 80 % cabernet-sauvignon et 20 % merlot. La robe est grenat avec des arômes fumés. Le vin est souple, très accessible, les jolies notes fumées lui donnent du charme, les tannins font patte de velours. Il se dégustera précocement sur ce charme immédiat.
Note 89-91

Publié , par Bernard Burtschy