La fabuleuse histoire du verre à pied

La fabuleuse histoire du verre à pied

Impossible d’imaginer une dégustation de vin sans ce contenant à la forme élancée et au design esthétique. Pourtant, le verre à vin a été pendant longtemps présent sur les tablées sans avoir besoin de pied. Connaissez-vous l’origine de sa création ?

La solution à l’empoisonnement

Si son histoire débute en Égypte en 1500 avant JC, il gagne en notoriété au cours de l’époque romaine. Car la boisson emblématique de Bacchus était très appréciée. Boire du vin dans un verre à eau vous paraît certainement être un sacrilège aujourd’hui, mais c’était alors monnaie courante. Pas de pied à l’horizon, plutôt des gobelets faits de métal ou de terre cuite, le verre étant réservé aux plus aisés. C’est grâce à l’île de Murano que ce matériau s’est démocratisé et les verres à pied transparents avec lui, laissant enfin l’occasion aux amateurs de vin d’admirer la couleur de sa robe.

Les gobelets ont tout de même persisté, avant que la cour du roi Louis XIV ne rende les verres à pied incontournables. Comme le fait de trinquer, sa popularité serait liée au poison. Décidément, la peur du complot des grands de ce monde a eu un impact considérable sur l’univers du vin que nous connaissons désormais. Il faut remonter au XVIIe siècle, époque à laquelle l’aristocratie française était ciblée par les empoisonnements. Le pied était une solution idéale pour empêcher les domestiques de verser une substance dangereuse dans le vin. Obligés de le tenir par la tige lors du service, ils ne s’approchaient jamais du bord du verre. Mais si ce temps est bien révolu, la tradition, elle, est restée profondément ancrée.

Une dégustation facilitée

C’est Claus Riedel qui fût l’un des premiers à reconnaître son impact sur la dégustation. À la tête de la célèbre entreprise familiale de verrerie portant son nom pendant presque 40 ans, il savait mieux que quiconque qu’il existe presqu’autant de verres que de breuvages. Et dans le monde du vin, il y en a autant que de cépages, d’appellations, de styles de vinification… Ainsi, la taille, la forme et le matériau ont une influence sur la perception des arômes et la sensation en bouche.
Mais quelle est l’incidence du pied ? Premièrement, il empêche de saisir le verre à pleine main, et par conséquent de réchauffer le vin. Celui-ci reste donc à bonne température pour une expérience de dégustation optimale. Moins évident mais tout de même pratique, sa présence facilite largement le geste de faire tourner le vin pour l’aérer et en révéler tous les arômes.

Entre son rôle essentiel dans la libération de la palette organoleptique et son style élégant, il était inévitable que le verre à pied s’impose sur nos tables.

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