Le monde animal à la vigne : une cohabitation vertueuse

Le monde animal à la vigne : une cohabitation vertueuse

Excellents compagnons de travail, les animaux s’inscrivent dans une démarche globale de biodiversité. Chevaux, poules, moutons, abeilles ou chauves-souris jouent chacun un rôle clé à la vigne ! Du labour des sols à la régulation de la faune, voici comment ils soutiennent le travail des vignerons.

De plus en plus de vignerons, soucieux de préserver leur environnement et de produire des vins vivants, intègrent des animaux à leur écosystème. Le plus familier, bien sûr, est le cheval de trait ! Mais on trouve aussi des poules, des moutons, des chauves-souris… au contact desquels le rapport au travail se modifie. Un aspect que les vignerons se plaisent à souligner et qui accentue leur amour du métier !

Les abeilles au Domaine Tariquet : garantes de la faune auxilliaire

Au Domaine Tariquet, dans le Sud-Ouest de la France, deux apiculteurs ont installé et gèrent 18 ruches à quelques mètres des vignes. Les abeilles sont des insectes précieux qui participent à la pollinisation de 80% des plantes à fleurs et donc à la préservation des insectes biorégulateurs des nuisibles et des ravageurs.

Les abeilles soutiennent les espèces utiles à l’agriculture - Crédit photo : Domaine Tariquet
Les abeilles soutiennent les espèces utiles à l’agriculture - Crédit photo : Domaine Tariquet

Ultra sensibles aux nuisances environnementales, elles aident aussi les vignerons à mesurer l’impact de leurs pratiques. Au Domaine Tariquet, certaines ruches sont même équipées de capteurs reliés au calendrier viticole et qui livrent des indications sur les périodes de floraison, par exemple. En partenariat avec le domaine, les deux apiculteurs produisent chacun leurs miels issus du vignoble.
www.tariquet.com

Une logique de ferme au Clos Venturi

Le vignoble du Clos Venturi au centre de la Corse, est cultivé en biodynamie dans une logique de ferme. Nous avons un troupeau de moutons, 180 poules, 30 ruches et 12 hectares de vignes travaillées au cheval. C’est un système circulaire ! Les animaux, comme la biodynamie, font partie de ma boîte à outil pour rendre notre impact positif sur l’environnement, explique le propriétaire Emmanuel Venturi.

Le Clos Venturi cultive ses vignes dans une logique de ferme - Crédit photo : Domaine Vico - Clos Venturi
Le Clos Venturi cultive ses vignes dans une logique de ferme - Crédit photo : Domaine Vico - Clos Venturi

Les moutons réalisent un travail de tonte et d’entretien. Leurs excréments, mélangés à ceux de nos poules avec du foin, créent un socle pour nos composts dynamisés. Grâce au travail du cheval, nos sols sont plus résilients. Enfin, travailler avec des animaux crée une véritable harmonie et un bien-être qui se ressent dans le fruit de notre travail : le vin, détaille Emmanuel.
www.domainevico.com

La traction animale pour la vie des sols

Au cœur de l’appellation Fronton, Maxime Touzet fait venir, chaque hiver, un prestataire avec son cheval dressé au travail de la vigne au Château La Loge. Il vient pour « butter les vignes, c’est-à-dire soulever et mettre la terre sur leurs pieds. Ce travail aère les sols, permet d’avoir moins de concurrence hydrique, moins de tassement, et de préserver les micro-organismes du sol. Depuis que nous faisons cela, il y a davantage d’humus et de vers de terre », note le vigneron.

Le travail au cheval permet de décavaillonner ou de butter les vignes - Crédit photo : Château La Loge
Le travail au cheval permet de décavaillonner ou de butter les vignes - Crédit photo : Château La Loge

Au Clos Columbu, un domaine de 64 hectares cultivé en biodynamie sur l’appellation Corse Calvi, Christine Suzzoni travaille une parcelle de jeunes vignes, plantées il y a 4 ans, à la mule. Les vignes ont été plantées à la distance requise pour la traction animale. C’est notre deuxième récolte et cette année, je peux constater que les vignes ont moins souffert du stress hydrique, leurs feuillages sont plus verts et les grappes sont belles, explique Christine.

Christine Suzzoni travaille une parcelle de vignes avec sa mule - Crédit photo : Romy Ducoulombier
Christine Suzzoni travaille une parcelle de vignes avec sa mule - Crédit photo : Romy Ducoulombier

Passionnée par l’échange avec cet animal, la vigneronne aime le tempérament de la mule et le respect mutuel qui s’établit pendant le travail.
www.closculombu.fr/en & www.chateau-la-loge.com

Les poules : une réflexion sur la biodiversité

Le Château Grand Launay, producteur en biodynamie sur l’appellation Côtes-de-Bourg, a introduit des poules sur son vignoble. C’est un animal très suiveur et convivial. Même si elle n’a pas d’intérêt « technique à la vigne, elle participe à notre équilibre biologique. Elle fertilise avec de micros amendements et s’insère dans le triptyque minéral, végétal, animal de la biodynamie. Les poules ne sont pas prenantes et nous donnent des œufs. Elles nous aident à nous épanouir dans notre travail et ça se ressent dans nos vins ! », note Pierre-Henri Cosyns.
www.phcosyns.com

Des nichoirs à chauve-souris pour les nuisibles

Brigitte Molinier, au Mas d’Aurel qui produit des vins de Gaillac, s’est intéressée à l’implantation de nichoirs à chauve-souris lors d’une journée découverte proposée par la Chambre d’Agriculture. Ce sont d’excellents prédateurs pour les papillons du ver de la grappe, un insecte nuisible. Alors j’ai décidé d’installer des nichoirs, mais il faut 2 à 3 ans avant que les chauves-souris ne s’en servent d’abri. En parallèle, nous plantons des haies le long de nos terres car cet animal a horreur du vide et cela l’aide à se déplacer la nuit, explique la vigneronne.
www.masdaurel.fr

Publié , par Romy Ducoulombier