Le vin bio c’est bien, mais peut-on faire mieux ?

Le vin bio c’est bien, mais peut-on faire mieux ?

On entend souvent parler de labels autour du vin, de développement durable, de pratique respectueuse ou vertueuse. Mais au fond, est-ce qu’un vin bio est forcément plus sain qu’un vin non bio ? Est-ce qu’un vigneron bio est bon pour l’environnement, pour la fertilité des sols, pour la biodiversité ? Pour Daniel Jourdan, créateur de Vinsdurables.fr, la question est légitime. De retour dans les vignes familiales après une carrière dans l’industrie, il est devenu un fervent défenseur du sol vivant. Au point de créer un site e-commerce pas comme les autres. Rencontre.

C’est l’histoire d’un retour aux sources, et d’une prise de conscience. Après une longue carrière de responsable commercial dans l’industrie, Daniel Jourdan a choisi de se rapprocher de ses racines. Des racines profondes dans la vigne, au sein de l’exploitation familiale en Provence. Nous sommes en 2018. Sur place, je suis arrivé avec un œil neuf et quand j’ai retravaillé les vignes, je me suis aperçu que la vie du sol était pauvre, confie l’intéressé. J’ai compté les vers de terre et j’ai été choqué. Je venais de mettre le doigt dans l’engrenage. L’agriculture intensive, à base de traitements chimiques et de labours, a appauvri la diversité de la vie dans les sols de manière significative. Je ne pouvais pas rester sans rien faire, j’avais envie d’inverser la tendance, de sortir de cette impasse, poursuit-il. Le sol, c’est un peu comme la partie immergée de l’iceberg. On n’imagine pas l’immensité de la vie présente sous nos pieds. Et elle responsable de la vitalité de nos cultures. Il se lance alors dans un Master en commerce international de vin à la Burgundy School of Business et suit une formation à distance chez Soil Food Web, une entreprise américaine à la pointe sur les questions de microbiote. J’ai vite compris qu’il y avait un décalage entre la vie que l’humain mène, à 200km/h, et celle de la nature qui évolue à son rythme, plus lentement, sereinement, glisse-t-il.

Bon nombre de “non labellisés” vont aussi dans le bon sens, respectent la nature et pensent aux générations futures !

La réflexion mûrit au contact de plusieurs interlocuteurs et l’idée surgit : la création d’un site e-commerce de vente de vins pas comme les autres, une plateforme qui met en avant les vignerons qui utilisent des pratiques respectueuses du sol, indispensables à la bonne santé de la plante. Vinsdurables.fr est né ! Peu importe qu’ils soient bios ou non finalement, ajoute Daniel Jourdan. Tous les labels sont louables mais aucun ne mesure la durabilité, la biodiversité et le niveau de CO2 dans les sols. Beaucoup de bios et pratiquement tous les biodynamiques l’ont compris et prônent la vie des sols. Mais bon nombre de “non labellisés” vont aussi dans le bon sens, respectent la nature et pensent aux générations futures.

Dégustation à l’aveugle et analyse des sols

Il loue principalement l’enherbement qui réduit de manière significative les labours, et donc les passages de tracteur, et qui permet au sol de capter du carbone, de retenir l’eau et de développer champignons et bactéries pour nourrir la vigne. Pour découvrir ses futurs partenaires, le vigneron sillonne la France. Je me suis associé à un sommelier, Alfredo Antonio Romo, et nous mettons un point d’honneur à déguster à l’aveugle les cuvées que nous présentent les vignerons, explique-t-il. Une fois la sélection validée, Daniel Jourdan retourne sur place pour effectuer des prélèvements : Je procède à différents tests comme le bilan humique pour évaluer les pratiques culturales et calculer si elles émettent du carbone ou non, puis j’analyse leur terre afin de vérifier la présence de vie microbienne. Ces tests permettent d’évaluer la “durabilité” du vigneron selon trois niveaux : satisfaisant, bon et excellent.

Pour les vignerons, pour la planète, et pour les vins !

Les vignerons sélectionnés par Daniel, engagés dans l’agriculture durable, comme Jean-Baptiste Cordonnier au Château Anthonic en Moulis-en-Médoc, Michel Baucé au Château Prélalande en Sainte-Foy Côtes-de-Bordeaux, Armand Heitz en Bourgogne ou encore Sylvain Fadat du Domaine d’Aupilhac en Languedoc. Tous se félicitent des résultats obtenus : des vignes plus fortes, plus résilientes, des vins plus aromatiques, enchanteurs, et cerise sur le gâteau, du CO2 stocké, des sols plus fertiles et pleins de vie !

Des bouteilles, des Box et une découverte de l’extraordinaire vie des sols

Sur le site, il est possible de commander soit à l’unité (avec un minimum de 3 bouteilles), soit par box déjà constituée, ou même en s’abonnant à une box mensuelle de 3, 6, 12 mois, sans engagement.
Daniel Jourdan assure vouloir garder un pied dans la vigne avec son fils sur le domaine familial. Ce site a aussi été créé pour informer les consommateurs et répondre à leurs questionnements. La pandémie a quelque part aidé à la prise de conscience et l’achat de vin n’est plus soumis à une certaine spontanéité. L’acheteur veut savoir ce qu’il se cache derrière la bouteille, l’impact du vigneron sur la planète. Des quizz et des fiches informatives sont d’ailleurs à la disposition des lecteurs gratuitement sur vinsdurables.fr ; Un bon moyen de faire évoluer les consommations de vins.

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Publié , par Yoann Palej