Les cépages d’appoint, les stars montantes des vignobles

Les cépages d’appoint, les stars montantes des vignobles

Nous connaissons tous au moins plusieurs de ces cépages très répandus dans le paysage viticole français. Comme le cabernet sauvignon et le merlot dans le bordelais, le chardonnay et le pinot noir en Bourgogne, le melon de Bourgogne ou le Sauvignon blanc dans la Loire, le Carignan ou la Syrah dans le sud… Et la liste est encore bien longue. Mais force est de constater que ces cépages les plus connus et les plus représentatifs de certaines appellations doivent céder un peu de leur aura aux cépages dit d’appoint. Ces derniers sont en effet de plus en plus mis en lumière soit en tant que cépage principal dans l’assemblage d’un vin, là où hier encore ils étaient bien souvent relégués en 3ème ou 4ème position avec des pourcentages frôlant les 3 à 9 % grand maximum, soit en cuvée monocépage c’est-à-dire que la cuvée n’est constituée que de cet unique cépage.
Faisons un petit tour très exhaustif de quelques cépages d’appoint devenus au fil du temps et des envies, des cuvées dédiées. Le meilleur moyen pour tout un chacun de voir, au naturel quel est leur caractère, leur typicité avant de pouvoir par la suite, être capable de retrouver son identité dans un assemblage de vin.

Le Petit-Verdot

Or vous pourrez le constater, de plus en plus de châteaux décident de proclamer leur amour à certains de ces cépages d’appoint comme le petit verdot. Un des premiers à lui dédier une cuvée a été le Château Belle-Vue à Macau dans le Médoc. Ce cépage est pourtant réputé comme complexe à gérer du point de vue viticole car il se casse facilement lors du relevage des branches et sa maturité, une fois atteinte, ne laisse que très peu de temps au vigneron pour le récolter. Il est capable de pourrir en quelques heures à peine. C’est de cette fragilité qu’il tire son nom petit-vert synonyme de maturité tardive. On a tendance à dire dans le Médoc que ce cépage n’est fiable qu’une année sur dix. Dans la réalité des faits et avec la constante progression des techniques viticoles, cette fragilité tend à être toujours mieux maîtrisée d’année en année. C’est un cépage apprécié pour ses arômes de violette, beaucoup de fruits noirs et une fraîcheur intéressante.

Crédit Photo @Château Belle-Vue
Crédit Photo @Château Belle-Vue

Le Cabernet-Franc

Toujours dans la région bordelaise mais pas uniquement, vous pourrez trouver désormais des cuvées 100 % Cabernet-franc. Celui qui jusque-là était souvent la troisième roue du carrosse, se voit désormais élevé au rang de culte de la part de certaines propriétés notamment sur la rive droite du côté de Saint-Emilion et de ses satellites ou plus au sud vers Castillon. Il faut dire qu’il se plaît à pousser et à donner le meilleur de lui-même sur des croupes de terres largement vallonnées. Il possède moins de tanins que le cabernet sauvignon et il vieillit donc plus rapidement mais il est réputé pour ses arômes épicés et une belle finesse.
Vous le retrouverez également du côté de Chinon ou Saint-Nicolas-de-Bourgueil. Vous pourrez déguster une magnifique cuvée nommée Mi-Pente chez Jacky Blot ,vigneron emblématique de Bourgueil notamment très réputé pour ses blancs, qui produit ce 100 % cabernet-franc charnu et croquant au Domaine de la Butte.

Crédit Photo @ Infinivin.com
Crédit Photo @ Infinivin.com

Le Mourvèdre

Originaire d’Espagne où on le nomme le Monastrell, il est surtout implanté dans le sud de la France, du Languedoc à la Provence. Ce cépage qui rentre souvent jusqu’à 30 % dans l’assemblage de certains vins comme plus au nord, au fabuleux Château de Beaucastel en Côtes du Rhône, propriété de la famille Perrin, est réputé pour sa solide structure, ses tanins puissants et donc son aptitude à la garde avec pas mal d’années à laisser passer avant de le déguster correctement.
Le Domaine de Gayda quant à lui, est situé entre Carcassonne et Limoux (magnifique propriété au demeurant, si vous vous promenez dans les parages, allez-y en fin de journée l’été, la vue sur les contreforts des Pyrénées Orientales est à couper le souffle) a créé une cuvée 100 % mourvèdre qui allie finesse et caractère. Vous verrez autrement ce genre de cépage assez corpulent de naissance, révéler de subtiles douceurs sur votre palais.

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Cuvée du Domaine du Gayda
Cuvée du Domaine du Gayda

L’Abouriou

C’est un cépage de raisin rouge originaire du Lot-et-Garonne. Il est utilisé ponctuellement en appoint dans les vins des Côtes du Marmandais, Brulhois et Estaing. Il tient son nom de l’occitan Aboriu qui signifie précoce car ce cépage, contrairement au petit-verdot, atteint sa maturité très rapidement. Il donne des vins qui sont reconnus pour être bien charpentés avec peu d’acidité mais axés sur le fruit principalement. Raison pour laquelle il faut le vinifier séparément afin de le faire entrer à la fin de l’assemblage. Il est également très coloré ce qui peut être intéressant pour redonner un peu de peps à la composition finale d’un vin.
Si je vous parle de ce cépage c’est qu’il existe quelques rares cuvées 100 % Abouriou comme celle produite par la Maison Lionel Osmin & Cie sobrement intitulée du nom du cépage ou encore la cuvée du même nom mais cette fois-ci créée par une propriété en plein cœur du… Muscadet en Loire-Atlantique ! C’est le Domaine du Haut-Planty non loin de Nantes, dans les terres, qui fait vivre encore l’abouriou avec cette cuvée monocépage. En effet, bien que ce cépage soit très majoritairement présent dans le marmandais et plus globalement dans le Lot-Et-Garonne, il subsiste quelques hectares dans le muscadet.

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Cuvée Abouriou de la Maison Lionel Osmin & Cie et Cuvée Abouriou du Domaine du Haut-Planty
Cuvée Abouriou de la Maison Lionel Osmin & Cie et Cuvée Abouriou du Domaine du Haut-Planty
Publié , par God Bless Bacchus