Pour ou contre l’irrigation de la vigne ?

Pour ou contre l’irrigation de la vigne ?

Le débat fait rage à propos de l’irrigation de la vigne. Pour ou contre cette intervention de l’humain sur le microclimat de la vigne ? Voici quelques informations pour vous faire votre propre opinion...

L’irrigation consiste tout simplement à arroser la plante à l’aide d’un système de goutte-à-goutte qui est actuellement le plus utilisé et le plus qualitatif.
Cette pratique se complique quand on aborde sa réglementation...

En France, elle est autorisée pour la production des vins de pays (IGP) et de table (Vin de France). Concernant les AOC, même si les règles se sont assouplies, elle est interdite pendant la phase de croissance, sauf en cas de dérogation.
Dans tous les cas, elle demeure interdite pendant la période de maturation (entre la véraison et la récolte).

Pour l’irrigation de la vigne

Dans un contexte de réchauffement climatique, l’irrigation devient indispensable, notamment dans les vignobles méditerranéens qui sont soumis à des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents.

Ces conditions de stress hydrique pénalisent la quantité et la qualité de la vendange.
La baisse des rendements menace la pérennité économique des exploitations. La modification de l’équilibre des baies impacte le potentiel qualitatif des vins (voir notre article : La vigne peut-elle être stressée ?).

Contre l’irrigation de la vigne

L’eau utilisée provient soit d’un réseau de canaux (Bas Rhône Languedoc, Rhône Ventoux, Canal de Provence...), soit de forages qui puisent dans les nappes phréatiques. La question de l’utilisation des ressources naturelles se pose alors, d’autant plus dans des régions où l’eau fait défaut.

La réglementation est plus contraignante dans les appellations où les avis sont partagés. Les AOC ont pour vocation d’élaborer des vins de terroir, caractéristiques de leur environnement (voir notre article Vins de terroirs versus vins technologiques ?). L’irrigation peut-elle nuire à leur typicité et conduire à une standardisation des goûts ?

Le vin exprime un effet millésime qui le rend exceptionnel d’une année sur l’autre (voir notre article Qu’est-ce que l’effet millésime ?). L’irrigation peut-elle gommer l’impact de la nature ?

Le consensus, une irrigation raisonnée

Le système de goutte-à-goutte permet de gérer les apports avec précision afin de compenser le manque d’eau, lorsque la vigne est en déficit hydrique. Dans ce cas, la qualité organoleptique des vins est préservée alors qu’elle aurait été impactée négativement par ce stress.

Des recherches récentes ont même remis en question l’interdiction d’irriguer pendant la phase de maturation, susceptible d’entraîner une dilution des composés préjudiciable à la qualité. Une irrigation raisonnée serait favorable même après la véraison.

La vigne est une plante cultivée. Elle nécessite l’intervention de l’humain afin de produire des beaux raisins et des bons vins. Il suffit peut-être de trouver le juste équilibre entre la main de l’Homme et la nature afin qu’elle puisse s’épanouir tout en gardant sa singularité...