Tour du monde des vignobles : l’Argentine

Tour du monde des vignobles : l’Argentine

Bordé par l’imposante Cordillère des Andes, le vignoble argentin ne s’est fait une place sur la scène internationale du vin que récemment. S’il a attendu les années 90 pour commencer à exporter, ses vins d’altitude ont rapidement conquis les amateurs du monde entier. Ses caves historiques ont alors été rénovées, les investisseurs étrangers sont venus s’installer et il est devenu un producteur majeur. Mais connaissez-vous son parcours et son terroir ?

L’influence européenne

Conséquence de la vague d’immigration venue d’Espagne et d’Italie au milieu du XIXe siècle, on y trouve de nombreuses variétés originaires du vieux continent. Et le meilleur exemple de ces implantations réussies n’est autre que le Malbec cadurcien. Il a été introduit dans le pays en 1868 par l’agronome Michel Pouget et y a trouvé une terre de prédilection. Ici, il se révèle opulent et intense. Grâce à l’altitude, il déploie une acidité lui offrant un superbe équilibre. Mais il n’est pas le seul à s’être si bien adapté.

Le Bonarda italien, deuxième cépage rouge le plus planté, séduit par sa couleur profonde et son beau fruité. Les Cabernets Sauvignon et Franc, le Merlot et le Petit Verdot, emblématiques du bordelais, côtoient le Pinot Noir, la Syrah, le Tempranillo, ou encore le Sangiovese. Chez les blancs, le Torrontés argentin domine et exprime à merveille toute sa complexité aromatique autour de Cafayate, dans la province de Salta. Cependant, ils n’échappent pas pour autant à l’influence des cépages internationaux. Le Chardonnay, le Pinot Gris, le Chenin Blanc, le Viognier, le Sauvignon Blanc et le Sémillon ont pu s’imposer avec brio.

Un vignoble d’altitude

S’il y a bien une caractéristique qui distingue l’Argentine de ses concurrents, ce sont ses incroyables reliefs et ses vignes conduites en hauteur. Conséquence de cette singularité, les fruits bénéficient d’une incroyable amplitude thermique. Elle serait même la plus importante au monde. Une fraîcheur nocturne dont découlent des vins à la palette aromatique intense. De plus, l’air sec de la montagne garantit un état sanitaire impeccable.
Mais comme tout vignoble, on y détecte également des faiblesses. Ainsi, les hivers y sont froids et il n’est pas rare que la vigne soit frappée par des gelées printanières, voire automnales.
Autre défi de taille : l’approvisionnement en eau. Alors que les canaux d’irrigation traditionnels étaient approvisionnés par la fonte des neiges des Andes, celle-ci est de moins en moins abondante avec les années. Son utilisation est donc aujourd’hui bien plus réglementée et représente un véritable challenge pour les viticulteurs.

Une belle diversité de terroirs

Ces derniers savent s’accommoder des aléas climatiques. Dans la province de Mendoza, qui rassemble près de 70% de la production du pays, la grêle provoque assez fréquemment d’importants dégâts. Il leur faut également résister aux rayons brûlants du soleil et au zonda, un vent très chaud typique de la région très dangereux durant la floraison. Ces obstacles, bien qu’imposants, ne font pourtant pas oublier toutes les qualités de la région. Les ceps apprécient notamment son climat tempéré et ses sols majoritairement sablonneux qui deviennent graveleux dans le centre. Elle est réputée pour ses Malbecs, mais aussi idéale pour le Cabernet Sauvignon et la Syrah. Enfin, les amateurs de vin gardent des souvenirs émus des crus d’altitude fins et puissants de la Vallée d’Uco.

Tout au sud, la Patagonie offre elle-aussi son lot de nectars à découvrir. Ici ce n’est pas l’altitude qui permet une bonne maturation des raisins mais la latitude élevée. Dans les provinces de Rio Negro et de Neuquén, l’océan antarctique offre une fraîcheur bienvenue pour le développement de la vigne. Elle délivre des vins particulièrement intenses et solaires au caractère affirmé.

Entre steppe désertique et réserve naturelle, au cœur de paysages contrastés de littoraux, montagnes, forêts et glaciers, ce vignoble est unique au monde.