Vin d’assemblage ou mono-cépage, quelle différence pour vos papilles ?

Vin d’assemblage ou mono-cépage, quelle différence pour vos papilles ?

Merlot, Cabernet-Sauvignon ou un savant mélange des deux ? Sur les étals, vins d’assemblage et vins mono-cépage se partagent l’affiche. Entre appellations et mentions de cépages, le consommateur est souvent perdu. Mais existe t-il une véritable différence à la dégustation entre un vin élaboré avec un seul cépage ou plusieurs ? Explications…

Des variétés qui font la différence

Un vin est dit mono-cépage lorsque celui-ci a été élaboré à partir d’une seule variété de vigne (chardonnay, sauvignon, merlot…). Dès lors que deux cépages entrent dans l’élaboration d’une bouteille de vin, on parle de vin d’assemblage.

L’Europe et notamment la France sont de véritables terres d’assemblage. Il se pratique depuis des générations selon une pratique ancestrale qui consistait à planter plusieurs cépages sur une même parcelle. Lors des vendanges, toutes les variétés étaient alors mélangées dans la cuve. Le Bordelais ou encore les vignobles du sud de la France et de la Vallée du Rhône en sont encore des exemples.

Malgré ce riche passé d’assemblage, certaines régions viticoles françaises affichent sans complexe leurs cuvées mono-cépage, faisant d’elles leur renommée. Par exemple, l’Alsace ou la Bourgogne n’hésitent pas à imposer leurs cépages uniques dans leurs appellations.

Rarement mis en avant sur l’étiquette d’une bouteille, exceptée pour les vins de pays, la mention du cépage reste secondaire par rapport à l’appellation qui est encore aujourd’hui le premier élément de choix lors d’un achat, à l’inverse des vins du nouveaux monde (Chili, Australie…) qui brandissent fièrement le cépage comme un gage d’identité. Mais alors, assemblage ou mono-cépage, quelles sont leurs particularités gustatives ?

Assemblage et complexité

Un assemblage, c’est deux cépages dans la bouteille ou plus ! On peut retrouver parfois plus de dix cépages dans certaines cuvées comme l’AOC Châteauneuf-du-Pape qui en autorise jusqu’à treize dans son cahier des charges.

L'assemblage a l’avantage de permettre au vigneron de se créer un style et de pouvoir chaque année proposer à ses clients des vins identitaires avec de la typicité. En fonction des millésimes, il pourra jouer sur les pourcentages de ses cépages pour atteindre l’équilibre final qu’il souhaite pour ses cuvées.

L’assemblage permet aussi de gagner en complexité. Prenons l’exemple des cépages syrah et grenache noir. En assemblage, le premier apportera richesse tannique et couleur quand le second contribuera à la finesse aromatique et à l’équilibre du vin. Pour ces deux variétés qui présentent de multiples affinités, le résultat de l’assemblage n’en sera que plus complexe. Les arômes se mêleront pour offrir au dégustateur un bouquet d’autant plus garni.

Pour les blancs, certains cépages comme le sauvignon blanc contribueront à amener de l’acidité et de la fraîcheur tandis que d’autres apporteront le gras et la rondeur comme le chardonnay.

La totalité est plus que la somme des deux parties disait Aristote. Cette citation illustre à merveille ce que peut être le résultat du travail créatif d’assemblage lorsque les vins de base (c’est à dire les vins qui composent l’assemblage) sont de bonne qualité. Mais attention, tous les cépages ne font pas forcément bon ménage et le travail de l’œnologue et de marier les variétés les plus adaptées. Plutôt seul que mal accompagné ?

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Mono-cépage et reflet du terroir

Les vins élaborés à partir d’un unique cépage, on en trouve au quatre coins de la France. Mais que dit la réglementation ? Jusqu’à 15 % d’un autre cépage que celui mentionné sur l’étiquette peuvent être dans la bouteille. Il faut alors s’assurer auprès du vigneron qu’on est bien en présence d’un 100 % cépage.

Les vins moco-cépage sont souvent considérés comme plus accessibles et plus ludiques notamment pour se familiariser avec le vin et découvrir les caractéristiques des cépages. Une syrah aux notes de poivre et de cassis, un muscat sur la rose et le litchi ? Rien de tel qu’un mono-cépage pour apprendre.

Les vins moco-cépage sont surtout révélateurs de l’expression d’un terroir car ils vont s’exprimer différemment selon le type de sol ou de climat de la région ou de l’appellation : des chardonnay ronds et puissants aux notes de fleurs et de fruits à chair blanche sur les sols argilo-calcaires de Puligny-Montrachet ou encore des sauvignon blanc aux arômes de pierre à fusil sur les sols argilo-silicieux de Pouilly-Fumé.

Ils peuvent aussi mettre en lumière une technique de vinification particulière. A cépage égal, le profil du mono-cépage sera bien éloigné s’il est vinifié sur lie, en barrique, en amphore ou en cuve inox.

Bien que ludiques et considérés comme à la portée de tous, les vins mono-cépages sont de véritables révélateurs du terroir et du travail du vigneron à la vigne et au chai.

Finalement…

La réalité est encore plus complexe ! Car même si vous êtes en présence d’un 100 % chardonnay, dites-vous que pourriez être en train de déguster un vin d’assemblage… de terroir. Vous n’y comprenez plus rien ?

En effet, rien n'empêche le vigneron d’élaborer une cuvée moco-cépage qui résulte de l’assemblage de plusieurs parcelles de terroirs différents. Mais quel intérêt ? Là encore, pour créer un style de vin, un équilibre, gagner en complexité… Qui a dit que faire du vin, c’était simple ?

Finalement, qu’on l’assemble ou qu’on le laisse seul en bouteille, un vin équilibré issu de raisins mûrs de qualité pourra être riche, complexe et surprenant. Sol, millésime, travail du vignerons ou encore de l’œnologue, autant d’éléments qui conditionneront le niveau qualitatif d’un vin qu’il soit d’assemblage ou mono-cépage. Il n’y a donc pas de règle pour faire plaisir à ses papilles. Il vous suffit de dégotter un vigneron passionné par son métier qui vous fera déguster un vin qui reflète un terroir et un travail bien fait.
Il n’y a plus qu’à déguster pour se faire une idée !

Publié , par Cécilia Galaret