Vin et fromage : le Maroilles

Vin & fromage : le Maroilles

Si l’on vous parle d’un fromage puissant emblématique du nord de la France, nul doute que vous penserez instantanément au Maroilles. Ce mets à pâte molle et à croûte lavée qui se présente sous la forme d’un petit carré épais a largement dépassé les frontières de son berceau natal pour s’imposer chez les amateurs de fromage de la France entière.

Il a vu le jour au Xème siècle grâce à un moine de l’Abbaye de Maroilles et a obtenu le statut d’appellation d’origine contrôlée en 1976. Pour le façonner, il faut faire preuve de patience. C’est au sein de caves humides que les Maroilles sont élaborés. Durant 3 à 5 semaines, cette période variant selon leur taille, ils bénéficient d’un affinage méticuleux au cours duquel ils sont brossés et lavés à l’eau salée. Ce processus singulier est responsable de sa couleur orangée caractéristique, mais également de ses arômes intenses. Un savoir-faire ancestral qui a traversé les siècles et se trouve aujourd’hui protégé par une confrérie.

De ces méthodes de fabrication traditionnelles découlent une pâte onctueuse qui surprend sous sa croûte typée. Son odeur franche intimide quand sa chair tendre et moelleuse à la teinte ivoire séduit immédiatement. Mais savez-vous avec quelles cuvées les sublimer ?

Jouer sur le contraste avec un blanc doux

A l’instar du Roquefort, autre fromage réputé pour sa puissance, le Maroilles, apprécie la douceur de vins blancs moelleux et liquoreux. Leur sucrosité l’enrobe pour composer une alliance harmonieuse. En Loire, misez sur un Bonnezeaux. Le nez mêle énergie et délicatesse. On décèle des notes d’abricot, de figue, d’acacia, de poire, d’aubépine et de miel. La bouche, elle, est riche et profonde.
En Alsace, un Gewurztraminer Vendanges Tardives sera du plus bel effet. Très expressif, il exhale le coing, les fruits exotiques et les agrumes confits. Quelques gorgées et il se révèle charmeur, rond, avec une pointe de vivacité bienvenue qui empêche trop de lourdeur.
Dans le Sud-Ouest, l’appellation Monbazillac regorge de cuvées empreintes de gras, avec elles aussi une superbe acidité. Ses arômes de noisette font écho à celles du fromage.

Une rencontre musclée avec un rouge structuré

Ses saveurs de lait caillé et de noisette, trouvant leur équilibre entre acidité et amertume, gagnent en complexité avec le temps. Elles peuvent être magnifiées par des vins rouges de caractère aux tanins veloutés. Partez dans le bordelais pour servir un Pomerol. Le Merlot, cépage roi ici, lui délivre une personnalité unique. Il dévoile des parfums de fruits rouges, de violette, de cuir et de truffe. Au palais, on est impressionné par sa charpente et sa persistance. Il marie à merveille puissance, gras et onctuosité entre son fruité incomparable et ses tanins soyeux.
Autre option, un Saint-Nicolas-de-Bourgueil venu de Loire. Les fruits rouges mûrs croisent la réglisse, le sous-bois et les épices. Les tanins sont bien présents mais restent fins, la matière est ronde et la finale aromatique se fait longue pour le plus grand plaisir de vos papilles.
Vous pouvez également aller dans le Beaujolais pour savourer un Moulin-à-Vent à base de Gamay. Le nez oscille entre cerise mûre, violette, iris, truffe et épices avec volupté. Des nuances discrètes qui constituent un ensemble d’une élégance rare. Charnu, avec une délicieuse touche de minéralité, il donne une nouvelle dimension au Maroilles sans jamais s’effacer.
Enfin, rendez-vous dans le Languedoc-Roussillon pour déguster un Faugères. Inspirez et devinez des fragrances grillées et fumées. Elles s’accompagnent de senteurs de petits fruits rouges, d’épices douces et de cuir. La bouche est à la fois ample, ronde et puissante. Elle étonne par sa richesse et enthousiasme grâce à sa trame tannique subtile.

Publié , par Marie Lallemand
Mise à jour effectuée