Vins bios : pourquoi utilise-t-on du cuivre ?

Vins bios : pourquoi utilise-t-on du cuivre ?

Du cuivre dans les vignes ? Cela peut paraître incongru, pourtant on l’utilise pour ses qualités antifongiques depuis le XIXème siècle. Il a ensuite connu un essor incroyable avec l’arrivée du mildiou. Ce pesticide naturel est très présent en viticulture biologique mais savez-vous quel est son rôle ?

Un antifongique biologique…

Grâce à son action antifongique, le cuivre protège les vignes du mildiou. Il est d’ailleurs la seule alternative efficace aux produits de synthèse qui soit homologuée. Il détruit les spores de ce champignon bien connu des viticulteurs, qui aime l’humidité et a un effet dévastateur sur les grappes. Il agit également sur le métabolisme des protéines de la plante et renforce ses défenses. La préparation la plus connue qu’il aide à confectionner est la bouillie bordelaise. Sous forme de sulfate de cuivre, il y est mélangé à de la chaux. Bien entendu, il en existe d’autres, les formulations variant en fonction du moment de l’utilisation et de l’avancée du problème à traiter.

Uniquement préventif, il est pulvérisé sur la plante. Il faut donc rester attentif aux précipitations pour traiter au bon moment et éviter qu’il ne soit lessivé par la pluie (on estime 30 à 40% de pertes après 20 mm de pluie en moyenne). Le premier traitement, qui est défini en fonction du risque de contamination, est déterminant car il démarre la protection. Les suivants sont liés aux pluies contaminatrices, au lessivage éventuel du dernier traitement et à la présence de nouvelles pousses non protégées. Enfin, si le cuivre n’est pas officiellement reconnu pour ces maladies, il permet aussi de freiner l’oïdium, le black-rot ou le botrytis.

… problématique pour la biodiversité

Rattaché à l’agriculture biologique, il aurait pourtant un impact néfaste sur l’environnement. On a ainsi constaté des soucis après plusieurs années de pulvérisation. Ce métal lourd, non biodégradable, s’accumule dans les premières couches du sol et les rend stériles. Toutefois, la vigne fait partie des plantes cultivées les plus grandement traitées aux pesticides et l’on peine encore à trouver un remplaçant pour lutter contre le mildiou. Aucune sortie totale et précipitée ne peut donc pour l’instant être envisagée mais des solutions sont mises en place.

Par exemple, le cuivre est désormais régulièrement associé à des techniques de biocontrôle, des tisanes et décoctions diverses, ou encore l’implantation de cépages résistants afin de limiter son utilisation. Les doses sont donc de plus en plus réduites. Alors que l’on était autour de 20 kg par an et par hectare auparavant, on se situe aujourd’hui sous la barre des 4 kg… en attendant l’alternative idéale.

Si cet article vous a intéressé, lisez aussi Les maladies de la vigne et Bio ou pas, on en parle ?

Publié , par Marie - Drink a beat