Zoom sur les vins blancs de garde

Zoom sur les vins blancs de garde

Lorsque l’on imagine une cave remplie de bouteilles perfectionnant leur bouquet aromatique au fil des années, nous pensons presque toujours à des vins rouges. Pourtant, de nombreux blancs résistent également avec brio à l’épreuve du temps. Découvrez lesquels…

L’acidité, la clé sous tous les climats

Alors que dans les rouges, ce sont généralement les tanins qui confèrent une belle aptitude à la garde, au cœur des blancs, c’est l’acidité qui sera primordiale. Elle est un support indéniable pour la structure. Elle est un remarquable antioxydant et vous l’avez sans doute constaté dans votre cuisine du quotidien. Ainsi, qu’ajoutez-vous sur vos pommes et avocats pour les conserver plus longtemps ? Du citron.
C’est pourquoi elle est souvent l’apanage des climats frais. Difficile, ici, de ne pas citer les cuvées bourguignonnes. Si certaines sont bel et bien réservées à une dégustation dans les deux ans pour profiter de leur fraîcheur et de leur fruité, d’autres sauront récompenser les plus patients.

Rendez-vous pour cela dans l’appellation Montrachet, une magnifique alliance de puissance, de profondeur et d’onctuosité. Même constat à Meursault, soyeux en bouche, avec des arômes d’aubépine, de fruits exotiques et de fruits secs, qui se mêlent plus tard à ceux de truffe et de pain grillé. A Chablis, dont l’acidité a fait le succès, le sous-bois et les fleurs blanches rencontrent les épices si vous leur en laissez l’occasion. Un Riesling Grand Cru alsacien et un Sancerre de Loire feront, eux, ressortir leur minéralité.

Toutefois, ne négligez pas des environnements plus chaleureux. La Vallée du Rhône, par exemple, recèle de ce type de cuvées. Pour obtenir un résultat prometteur, les vignerons devront apporter la plus grande attention à la date de lancement des vendanges. En effet, une récolte trop tardive ou à des températures élevées leur ferait perdre cette acidité essentielle, tout comme une mauvaise gestion de l’élevage en barriques.
Avec le vin, l’équilibre est la clé (lisez notre article Dégustation, qu’est-ce que l’équilibre en bouche d’un vin ?). La preuve avec un Condrieu où les fruits frais s’estomperont pour laisser la place aux fruits secs, ou un Hermitage qui remplacera les notes florales par d’autres grillées et miellées. Un Châteauneuf-du-Pape se distinguera par des touches caractéristiques de cire d’abeille. Tous garderont une très bonne tenue aisément 15 ans après.

Liquoreux et vins jaunes, une garde extraordinaire

Certains, cependant, sont réputés pour leur capacité de vieillissement exceptionnelle. Les vins jaunes du Jura se sont imposés avec force dans cette catégorie. Produits exclusivement à partir du cépage Savagnin et embouteillés dans un clavelin, un flacon à la forme singulière, ils sont issus d’un processus particulier puisqu’ils sont réalisés sans ouillage pendant 6 ans et 3 mois. Ils sont protégés de l’oxydation naturellement par un voile de levures. Une compétence acquise dès leur confection qui leur permet parfois d’être servis après 50 ans, et pendant plusieurs jours après leur ouverture sans perdre leur qualité. Leur palette les démarque clairement avec ses notes prononcées de noix et d’épices.

Autre élément crucial, le sucre. Nous parlons ici des sucres résiduels présents après la fermentation. A l’instar de l’acidité, ils agissent en tant qu’antioxydants. C’est notamment le cas dans la plupart des vins liquoreux comme ceux de la célèbre appellation Sauternes, dans le bordelais, qui résistent à des décennies. Leur robe est un excellent indicateur de leur évolution. Soutenue, brillante et légèrement dorée au début, elle devient peu à peu plus cuivrée. Et le bouquet aromatique se complexifie, devenant miellé ou accentuant sa minéralité lorsqu’il y en a. Cette dernière se retrouve plutôt en Alsace, au sein des Riesling Vendanges Tardives, empreints également d’une jolie vivacité. Car c’est quand tous ces facteurs sont combinés que les vins perdureront.

Publié , par Marie Lallemand