Les vins blancs des Hospices de Beaune 2021 : rares et de haute qualité

Les vins blancs des Hospices de Beaune 2021 : rares et de haute qualité

Il est de bon ton de dire que les blancs du millésime 2021 sont moins bien réussis que les rouges. Certes, le gel a drastiquement décimé les quantités, mais la densité exceptionnelle associée à une belle acidité qui a largement fait défaut dans les derniers millésimes sont les deux facteurs qui font les grands vins blancs de Bourgogne et ils sont réunis dans le millésime 2021. Ajoutez-y la maîtrise technique exceptionnelle de Ludivine Griveau qui fait à nouveau un sans-faute. Un seul regret, il y en a si peu.

Le contexte

La dégustation des 17 cuvées de vins blancs du millésime 2021 des Hospices de Beaune est toujours extrêmement technique, car les vins sont à peine nés et il faut juger de leur avenir.

Si le millésime 2020 était singulier par sa sécheresse (lire notre article Les vins rouges 2020 des Hospices de Beaune : un très beau millésime !), le 2021 l’est par son gel.

Dans les blancs, les quantités ont été drastiquement réduites. Là où il y avait 14 pièces de Saint-Romaine en 2018, il n’y aura qu’une pièce et une feuillette. Et pratiquement toutes les cuvées ont subi la même réduction. Seul le pouilly-fuissé s’en sort, tout est relatif : 17 pièces au lieu de 26 en 2018.
En tout, il n’y aura que 56 pièces et trois feuillettes de vin blanc à la vente. Une misère.

Le millésime 2021 en bref

Après toute une série de millésimes chauds, le millésime 2021 revient à plus de fraîcheur et ressemble par bien des égards au millésime 1988, le gel en plus. Le millésime démarre très fort avec un hiver plutôt doux et surtout quinze jours très singuliers entre fin mars et début avril où les températures dépassent les 27° l’après-midi. La végétation explose prématurément, le chardonnay plus précoce, en particulier.

Hélas, les nuits du 6 au 8 avril sont très froides avec des températures qui descendent jusqu’à -8°. À ce niveau si bas, les diverses parades comme les feux de paille n’ont plus aucun effet. Les importants dégâts sur le chardonnay étaient très visibles immédiatement. Reste à parier sur une éventuelle repousse. Mais comme il fait froid jusqu’au 27 avril, la végétation ne redémarre pas. Ce ne sont pas seulement les bas de coteaux qui sont touchés. Les vignes en coteaux, qui étaient les plus avancées, sont les plus touchées, contrairement au pinot noir où les bas de coteaux ont été gelés.

La suite du millésime est heureusement plus favorable même si la dynamique de repousse est fort variable avec tout de même des pluies et l’apparition du mildiou qui ont été fort bien contenues aux Hospices grâce à une vigilance de tous les instants. Le millésime s’avère tardif comme en 2012. Heureusement, la floraison se passe rapidement et se termine le 11 juin, ce qui est parfait pour le chardonnay.

Le mois de juillet est relativement frais et il faut continuer à se battre contre le mildiou, la véraison des rouges se fait attendre avec vingt jours de pluie. Il faut patienter jusqu’au 10 août pour que la chaleur revienne, mais le chardonnay, d’habitude plus précoce, a pris du retard. Les vendanges débutent le 17 septembre, simultanément dans les blancs à Chaintré dans le Mâconnais et pour les rouges dans le Volnay Santenots et dans les Beaune Grèves, un autre paradoxe.

Alors qu’en 2020, les Hospices avaient tout vendangé en août, ce qui était historique, le millésime 2021 n’est récolté qu’à partir du 17 septembre, en blanc comme en rouge. Il en résulte des vins nettement plus frais, mais d’une grande pureté grâce à la vigilance de Ludivine Griveau qui n’a pas hésité à mettre une dizaine de personnes autour de la table de tri. Pour finir, pas le moindre faux goût, des vins d’une grande pureté et d’une grande fraîcheur avec beaucoup de densité. Une réussite majeure des Hospices de Beaune dans un millésime difficile, parsemé d’embûches.

Les nouveautés du millésime 2021

Outre le tri systématique des raisins à l’arrivée du cuvier, fondamental dans le millésime, le millésime 2021 voit aussi l’aboutissement de la révolution des élevages. Pendant longtemps, François Frères était le fournisseur exclusif des Hospices de Beaune avec des bois provenant de la forêt de Tronçais, afin de répondre aux contraintes des marchés publics à défaut d’être toujours pertinent pour les vins.

Peu à peu, Ludivine Griveau a réussi à diversifier ses approvisionnements en introduisant d’autres tonneliers et d’autres forêts. Les pièces pour le millésime 2021 ont été divisées en sept lots avec six tonneliers (Damy, François Frères, Ermitage, Taransaud, Cadus et Billon) provenant de cinq forêts différentes (Tronçais dans l’Allier, Loches en Touraine, Bellary dans la Nièvre, Moladier dans l’Allier et Bertanges dans le Nivernais).

Cette révolution a bouleversé l’élevage des vins rouges. En raison des quantités très réduites dans les vins blancs, elle n’a pas pu être menée jusqu’au bout dans cette couleur. Tous les vins blancs, qu’ils soient villages, premiers crus ou grands crus, sont élevés dans des tonneaux de 228 litres de la tonnellerie Damy avec des bois de la forêt de Tronçais. Cet élevage n’est pas adéquat dans toutes les cuvées, mais lorsqu’il n’y a qu’une pièce, il est impossible de faire autrement.

La vente aux enchères

Dans le millésime 2021, les Hospices de Beaune mettront en vente en 349 pièces et 5 feuillettes, soit nettement moins que les 630 pièces de 2020, moins que les 589 pièces du millésime 2019, nettement moins que les 828 pièces du millésime 2018, moins que les 787 pièces de 2017 et même moins que 596 pièces de 2016. Les conséquences du gel sont terribles sur les quantités produites (et donc sur les ressources des Hospices).

Ce petit volume vient certes pour beaucoup des vins blancs, le chardonnay ayant majoritairement gelé, mais les vins des vins rouges, également ; ils n’ont produit que 293 pièces et 3 feuillettes au total.
Pour le millésime 2021, il n’y aura que 56 pièces et 3 feuillettes de vin blanc. Terrible ! Par comparaison, le millésime 2020, dont le rendement en blanc était tout de même de 40 hl/ha, 156 pièces avaient été mises en vente, ce qui est nettement plus que les 118 pièces du millésime 2019 (ruiné par le gel et la mauvaise floraison) et comparable aux 197 pièces en 2018. Il y en avait 157 pièces en 2017 et 126 en 2016.

La qualité des vins blancs

La dégustation des 17 cuvées de vins blancs du millésime 2021 des Hospices de Beaune est technique, mais pas autant que celle des rouges, car les cuvées sont plus homogènes. Mais leur suivi sur plusieurs millésimes, une bonne trentaine en l’occurrence est tout aussi passionnante et un des meilleurs révélateurs du millésime en cours. Le gel du début avril 2021 a eu des effets terribles en réduisant drastiquement la récolte. Les quantités sont minuscules.

Comme l’année dernière, il faut souligner le remarquable travail de Ludivine Griveau, régisseur des Hospices de Beaune qui a, cette année encore, géré les 23 vignerons salariés des Hospices, ce qui n’est pas une mince affaire, et a suivi individuellement les 117 parcelles toutes menées en bio pour la cinquième année consécutive. La certification officielle bio aurait pu être au bout, mais la disparité du travail des vignerons salariés, dont certains avaient pris de trop de mauvaises habitudes auparavant, est trop grande. Mais la certification est en ligne de mire.

Depuis l’arrivée de Ludivine Griveau, les vins blancs ont beaucoup progressé vers la fraîcheur et la pureté du goût. Les cuvées approximatives ont disparu, tout comme les faux goûts et les bricolages dans les corrections dites œnologiques : là c’est clair et net, plus de correction d’acide tartrique et encore moins de chaptalisation. Toutes les cuvées ont un véritable intérêt, sans exception aucune.

Reste la signature climatique du millésime. Pour 2021, côté positif de la réduction drastique des quantités, les vins blancs ont une incroyable densité. Avec la fraîcheur du millésime, les acidités ont été préservées et les vins blancs ont un superbe équilibre, le meilleur depuis fort longtemps. Le millésime 2021 est un immense millésime de vin blanc qui ira loin. Il faut féliciter la régisseuse Ludivine Griveau pour cet excellent niveau général qui porte sa signature.

La dégustation des 17 cuvées de vins blancs 2021

Cette dégustation a eu lieu le 12 novembre 2021, soit une petite dizaine de jours avant la vente des Hospices de Beaune. Les fermentations sont donc à peine terminées et les vins blancs sont encore troubles, les fermentations malo-lactiques souvent encore en cours. Achetées durant la vente aux enchères du dimanche 21 novembre 2021, ces diverses cuvées doivent être enlevées le 15 janvier 2022 pour être élevées chez les divers acheteurs ou leurs négociants attitrés.

Il ne s’agit donc que d’une ébauche, l’élevage jouant un rôle important dans les vins de Bourgogne, mais elle est importante, car tous les achats sont effectués lors de cette vente du dimanche 21 novembre. Le brouillard n’est cependant pas si important, car ces cuvées sont suivies depuis de nombreuses années, avec leurs hauts et leur bas, plus ou moins amplifiés par les conditions du millésime. Pour cette raison, nous donnons systématiquement pour chaque cuvée, lorsqu’elle existait, un rappel des cinq dernières années, de 2015 à 2019.

Notés sur 100, les vins sont classés d’⭐ à ⭐⭐⭐ ainsi qu’en coup de cœur !

Notes de dégustation des 17 cuvées de vins blancs 2021

1. Pouilly-Fuissé Cuvée Françoise Poisard 2021 Note 90/100

Les vignes ont été léguées en 1994 par Françoise Poisard, infirmière et assistante sociale dans l’armée. Elles sont toujours les premières à être vendangées par les Hospices. Localisées à Chaintré dans le sud de l’appellation sur 1,50 ha, les vignes sont âgées de 35 à 90 ans et réparties sur trois parcelles : Les Plessys (58 ares), Les Robées (53 ares) et Les Chevrières (40 ares). En raison de la petitesse de la récolte et aussi de son style, la fermentation et l’élevage qui étaient effectués en demi-muids dans les millésimes précédents, redevient plus classique.
Comme d’habitude, cette cuvée est la toute première à être vendangée. Le millésime 2021 se présente avec des arômes très intenses de poire, sans la moindre note de miel cette année. Le vin est dense, un peu boisé, droit et strict avec une belle fraîcheur, de longueur moyenne. La structure acide du millésime lui fait le plus grand bien à cette cuvée qui atteint en 2021 une de ses plus belles réussites depuis longtemps.
Taille de la cuvée : 17 pièces (25 pièces en 2020, 14 pièces en 2019, 26 pièces en 2018, 22 pièces en 2017). Élevage en fûts neufs de 228 litres de chez Damy avec des bois de la forêt de Tronçais.

Pour mémoire, la robe du 2020 est pâle avec des arômes intenses et classiques de poire, un peu miel et de pomme aussi. Le vin est souple et charmant, très suave, mais avec une belle structure presque surprenante ce qui lui donne une belle longueur, finale citronnée d’une grande franchise. La robe du 2019 est très pâle. Nez très intense avec des notes de miel et de pomme. Le vin est de bonne densité avec de la tension, il est structuré, bonne concentration, belles notes de poire en finale.
Les raisins du millésime 2018 ont été ramassés dès le 27 août à Chaintré, donc à la même date, à un jour prêt, que le millésime 2017. Le vin se présente avec un joli nez de poire. Le vin est souple, un peu fluide, facile d’accès. Il manque clairement de densité, mais il est net et franc et l’élevage a été judicieusement allégé en boisé. En 2016, cette cuvée a aussi été la toute première à être vendangée par les Hospices dès le 19 septembre, mais après le millésime 2015 qui avait été ramassé le 27 août tant le raisin était mûr. Le 2016 est ample et riche, mieux structuré qu’en 2015 qu’il dépasse et il se rapproche de la classe du splendide 2014. Le 2017 et aussi le premier à avoir été vendangé les 26 et 27 août, donc comme les 2015. Il possède une belle densité, mais il est légèrement dominé par son boisé avec une petite amertume, quoique la longueur soit bonne. Il est légèrement en retrait par rapport aux splendides 2014, 2015 et 2016.

2. Saint-Romain Joseph Menault 2021 Note 91/100 ⭐⭐⭐

La Cuvée de 0,76 ha provient de deux parcelles : le  Village Haut , 43 ares, extrêmement pentu situé à une altitude de plus de 400 mètres près du point culminant de Saint-Romain et la seconde  Sous la Velle , 33 ares, située 50 mètres dessous. Les deux parcelles sont issues d’une donation de Joseph Menault, propriétaire-récoltant à Saint-Romain, l’une en 1991, l’autre en 1994. Elles ont été entièrement replantées par les Hospices. Première vente en 2009.
Le millésime 2021 possède une robe claire avec des arômes citronnés un peu boisés. Le vin possède une belle densité avec une belle finale d’orange comme en 2020. La densité est étonnante, la fermeté aussi, ce qui est un gage d’un beau vieillissement.
Taille de la cuvée : 1 pièce et 1 feuillette (9 pièces en 2020, 6 pièces en 2019, 14 pièces en 2018, 12 pièces en 2017). Élevage en fûts neufs de 228 litres de chez Damy avec des bois de la forêt de Tronçais.

Pour mémoire, la robe du 2020 est paille avec des arômes surprenants d’orange. Le vin est souple avec un très beau fruit et beaucoup de charme qui masque une belle densité. Le nez du 2019 est très intense, très agrume. Le vin est de bonne densité, un peu strict, citronné, un peu court aussi, mais bien défini. La robe du 2018 est claire, mais avec un joli nez citronné très bien défini. Le vin possède de belles notes de fruits et une petite dilution. Tout comme en 2015, le 2016 était souple et ample, avec une belle suavité et était une belle réussite. Malgré un ramassage un peu plus tardif que les autres parcelles de blanc, le 2017 de robe paille est frais, nettement plus frais que le 2016. Il est un peu en retrait avec un niveau d’acide malique élevé. Là aussi, le millésime 2018 est un peu en retrait par rapport aux années précédentes par un léger défaut de densité, mais le vin séduira par la pureté des arômes.

3. Chablis 1er cru Jean-Marc Brocard Côte de Léchet 2021 Note 92

Les vignes ont une trentaine d’années et elles sont situées à mi-coteau du premier cru Côte de Léchet (rive gauche du Serein) sur une surface de 19 ares. Les vignes, cultivées en biodynamie, ont été offertes en 2015 par Jean-Marc Brocard, producteur depuis 1973 à Préhy.
Dans le millésime 2021, la robe est pâle avec des arômes très fins à la fois pierre à fusil et aussi de poire bien mûre. Le vin est dense et relativement suave, ce qui lui donne beaucoup de charme, le tout est accentué par un joli velouté. Il se dégustera avec plaisir dans les trois à cinq ans.
Taille de la cuvée : une seule pièce (3 pièces en 2020, 2 pièces en 2019, 4 pièces en 2018, 2 pièces en 2017). Élevage en fûts neufs de 228 litres de chez Damy avec des bois de la forêt de Tronçais.

Pour mémoire, une petite pluie supplémentaire début août 2020 à Chablis a fait beaucoup de bien et a permis de donner du fond à ce vin aux arômes amples de fruits jaunes et au corps généreux, qui permettra une consommation relativement rapide. Les arômes du millésime 2019 sont amples, très fruits jaunes. Le vin est généreux et souple, très différent du frais 2018, il évolue en puissance. Un beau vin. Le millésime 2018 se présente avec un très joli nez franc. Le vin est de belle densité, long, fin avec une belle acidité, tout en longueur. Une réussite. L’année 2015 avait vu la toute première présentation de ce vin dont la parcelle venait d’être offerte aux Hospices par Jean-Marc Brocard. Décimé par le gel, le 2016 est plus rare : une pièce et une feuillette seulement, mais il était très typé et bien constitué et de bonne densité. Le 2017 est, hélas, tout aussi rare : deux pièces seulement ! Son nez est splendide, d’une grande pureté. Le vin est dense, très élégant pour un côte de Léchet, d’une belle vivacité. Il ira loin.

4. Beaune 1er cru Les Montrevenots cuvée Suzanne et Raymond 2021 Note 90/100

Cette cuvée a rejoint les Hospices en 2014 et la parcelle située en haut de coteau, à la frontière de Pommard a été longtemps plantée en pinot noir arraché depuis. La vigne a été replantée en chardonnay en 2010, le sol est pierreux et riche en calcaire, et les vignes sont jeunes. Sa surface est de 62 ares. Elle est dédiée à Suzanne Chaudron et Raymond Cyrot, les mêmes donateurs que ceux de Le Clos de la Roche et de deux cuvées de Pommard. Pour le moment, en raison de la jeunesse des vignes, elle n’a pas encore pu démontrer la justesse de la replantation.
En 2021, la robe est pâle avec des arômes citronnés. Le vin présente un bel équilibre avec de la fraîcheur, un superbe milieu de bouche avec une petite sucrosité, des notes de pomme avec du boisé, la finale est un peu âpre signant un chardonnay planté sur un terroir de rouge. Ces tanins s’assoupliront au bout de quelques années.
Taille de la cuvée : 2 pièces (14 pièces en 2020, 12 pièces en 2019, 14 pièces en 2018 comme en 2017). Élevage en fûts neufs de 228 litres de chez Damy avec des bois de la forêt de Tronçais.

Pour mémoire, la robe du 2020 est paille comme en 2019 avec des arômes fumés qui occultent les arômes qui mettent toujours beaucoup de temps à percer. Le vin est charmeur et rond avec de la sucrosité et une fluidité qui met en exergue le côté boisé et même très boisé heureusement sauvé par de la fraîcheur en finale. Les vignes jeunes sont fatales dans un millésime très sec comme 2020.
La robe du 2019 est paille et le nez sur sa réserve. Le vin est souple et rond, avec un joli milieu de bouche, l’ensemble est un peu tannique. Il est un peu au-dessus du 2018. En 2018, la cuvée est un vin léger et fluide, boisé, manquant de fond. Tout comme en 2017, passez votre chemin. Le millésime 2016 payait la jeunesse des vignes et le vin était fluide, un peu court, très loin du 2015 au nez fumé, ample, gras, souple, de demi-corps. Le 2017 est discret, légèrement marqué par le boisé, un peu court, manquant de densité.

5. Puligny-Montrachet Bernard Clerc 2021 Note 92/100

Le millésime 2017 avait vu la toute première présentation de cette nouvelle cuvée offerte par le vigneron Bernard Clerc. La parcelle de vingt ares est située dans le climat Les Reuchaux dans la partie nord de Puligny, côté Meursault, avec des vignes plantées en 1968 et 1969, donc d’une cinquantaine d’années. Les sols profonds et argileux donnent des vins pleins et charnus qui souffrent moins de la sécheresse.
Dans le millésime 2021, la robe est claire avec des arômes de fenouil et des notes boisées. Le vin est dense et droit, strict et long, très typé Puligny style austère contrairement aux dernières années où il lorgnait vers meursault. Il évoluera bien en bouteille.
Taille de la cuvée : une seule pièce comme en 2020, 2019 et 2018. Élevage en fûts neufs de 228 litres de chez Damy avec des bois de la forêt de Tronçais.

Pour mémoire, la robe du 2020 est claire avec des arômes citronnés et surtout de miel et de fenouil comme le 2018. Le vin est ample, légèrement tannique, très plein, honnêtement structuré, plus Meursault que Puligny comme souvent. Constituée d’une seule pièce, la robe du millésime 2019 est très claire avec des arômes qui sont très bien définis et le vin possède une belle richesse avec du gras, ce qui le fait guigner vers Meursault. En 2018, le vin se présente avec un joli nez de fenouil. Le vin est superbement constitué avec du gras, il lorgne lui aussi du côté Meursault avec une bonne longueur.

6. Meursault Cuvée Loppin 2021 Note 91/100

La cuvée est constituée de parcelles situées dans la partie village du bas avec 25 % du Premier cru Les Cras sur 17 ares avec des vignes datant de 1980 et surtout 56 ares sur les Criots, 20 ares plantés en 1997, 36 ares en 2009. Ces vignes sont depuis fort longtemps aux Hospices et rappellent la mémoire de Jean Loppin, maître de l’Hôtel Dieu en 1503, Pierre Loppin dans le même emploi en 1586 et Gilles Loppin chanoine de la collégiale de Beaune en 1589 et de nombreux autres Loppin qui ont fait des legs ultérieurs. Dans les meilleurs des cas, les vins sont pleins et souples, sans finesse excessive.
Le millésime 2021 se présente avec des arômes superbes. Le vin possède du volume et de la chair, il n’est pas d’une grande finesse, il ne l’est jamais, mais quelle matière ! Et la fraîcheur du millésime lui évite la lourdeur et le côté beurré du 2020.
Taille de la cuvée : 4 pièces (13 pièces en 2020, 11 pièces en 2019, 16 pièces en 2018, 13 pièces en 2017). Élevage en fûts neufs de 228 litres de chez Damy avec des bois de la forêt de Tronçais.

Pour mémoire, Le 2020 se présente avec une robe pâle et des arômes très ouverts, citronnés et pommes comme d’habitude. En bouche, le vin est très tannique, presque massif avec du volume, très plein. Il ravira les amateurs de Meursaults riches et beurrés.
Le 2019 arbore un beau nez de miel et de pomme. Le vin est souple, très meursault village, tannique, assez charmeur, sans trop de longueur, mais typé. Il est représentatif de son origine. Le millésime 2018 se caractérise par son nez de miel. Le vin est souple et charmeur, suave, bien fait, très Meursault village, mais sans mollesse. Après trois ans de petite production, la cuvée avait enfin une taille normale en 2015, mais elle ne s’était pas encore remise des attaques de grêle des années précédentes. En 2016, le vin était bien construit, il était marqué par la prise de bois, ce qui dénote une densité moyenne et il n’avait pas tout à fait l’ampleur qui devrait être la sienne. Le 2017 ressemble comme un frère au 2016, le vin est assez court, un peu boisé avec une petite amertume. La cuvée n’a guère d’intérêt dans ce millésime.

7. Meursault Goureau 2021 Note 90/100

La cuvée célèbre la mémoire de demoiselle Barbe Goureau qui a donné tout son domaine en 1735. Autrefois, près de la moitié de la cuvée provenait d’une parcelle de vieilles vignes située dans le Premier Cru Les Porusots. Ce n’est plus le cas depuis 2005, car la parcelle a rejoint le Meursault 1er cru Les Porusots. Elle est dorénavant issue des Peutes Vignes (21 ares) et des Grands Charrons (8 ares), des vignes situées au nord de l’appellation vers Volnay qui ont intégré la cuvée en 2005. L’ensemble fait maintenant 0,29 ha, ce qui n’empêche pas une belle régularité dans la qualité avec des vins très élégants.
Le 2021 possède des arômes intenses, plus citronnés que d’habitude. En bouche, le vin est solide et très rustique avec de la densité, du volume et un côté âpre qui, cette année, n’est pas couvert par l’alcool. Par un petit manque de maturité, la cuvée n’offre pas son élégance habituelle qui a illuminé les derniers millésimes.
Taille de la cuvée : 2 pièces (5 pièces en 2020 tout comme en 2019, 8 pièces en 2018, 6 pièces en 2017). Élevage en fûts neufs de 228 litres de chez Damy avec des bois de la forêt de Tronçais.

Pour mémoire, de robe pâle aux reflets verts, le 2020 se présente avec de très jolis arômes complexes. Le vin est fort bien construit avec du fruit, du charme, du tannin aussi. L’ensemble est relativement léger, de corpulence moyenne, sans beaucoup de puissance, mais avec une belle persistance.
La robe du 2019 est pâle à reflets verts. Le nez est très intense, très pur, citronné. Le vin est très élégant, d’une belle longueur avec de la persistance et une grande finale. La cuvée est très réussie comme en 2018. Le millésime 2018 se présente avec un fort joli nez de bonne complexité. Le vin est de bonne densité avec du fond et de la personnalité. Une belle réussite à rechercher. En raison du gel, la cuvée n’a pas pu être produite en 2016. Le 2017 se présente avec un très joli nez, d’une belle complexité. Ample, très Meursault de l’imaginaire collectif, le vin possède du volume, une longueur moyenne, une bonne structure sous-jacente et jolie finale de classe. La vieille vigne qui avait agrémenté le 2016 n’y était pas cette année et elle ne l’est pas non plus en 2018 qui est dans la ligne du 2017, un rien moins dense.

8. Meursault 1er cru Les Porusots, Cuvée Jéhan Humblot 2021 Note 93/100⭐⭐⭐ / Coup de cœur

La cuvée est dédiée à Jehan Humblot, notaire royal et procureur du bailliage de Beaune qui a légué en 1596 des vignes et des terres, puis en 1600 le cellier des rois de France et une seigneurie. La cuvée est issue depuis 2005 exclusivement de l’excellent Premier Cru Les Porusots. La cuvée Jehan Humblot (0,79 ha) est élaborée avec des vignes antérieures à 1974, certaines datant même de 1936 et 1953.
Le millésime 2021 présente des arômes superbes. Le vin est d’une grande élégance avec de la personnalité, une grande longueur et une belle fraîcheur et une finale délicatement anisée. Une très grande réussite qui dépasse tous les millésimes récents, même le 2016, et donne enfin justice à ce grand terroir.
Taille de la cuvée : 3 pièces en 2021 (9 pièces en 2020, 8 pièces en 2019, 15 pièces en 2018, 11 pièces en 2017). Élevage en fûts neufs de 228 litres de chez Damy avec des bois de la forêt de Tronçais.

Pour mémoire, de robe paille, le 2020 se présente avec de beaux arômes intenses. Le vin est souple avec de la sucrosité, il en reste à ce stade, il est relativement court sans la densité habituelle. Le stress hydrique est passé par là, ce qui n’est pas anormal dans ce terroir solaire.
La robe du 2019 est paille. Le nez est moyennement intense, joliment mentholé. Le vin est élégant avec une fraîcheur inhabituelle qui certes lui sied bien, sans toutefois renouer avec le côté plus complet du splendide 2018 à la maturité plus aboutie qui correspond mieux au Porusots. Dans le millésime 2018, le nez est superbe. Le vin est dense, avec beaucoup de personnalité et de longueur. Une grande réussite. Si en 2015, la cuvée était structurée et fine, elle manquait un peu d’ampleur et il était difficile de reconnaître les Porusots. Changement complet de cap en 1016. Son nez était splendide et le vin était long, frais, dense, une grande réussite. Le 2016 possède de très beaux arômes, un peu boisés, mais d’une belle complexité. En 2017, le vin est ample, plus ample que 2016, mais pas tout à fait au même niveau, très réussi tout de même. Le 2018 reste le plus grand des cinq dernières années.

9. Meursault 1er cru Genevrières, cuvée Baudot 2021 Note 94/100⭐⭐⭐

La cuvée porte le nom du magistrat Félix Baudot qui a légué toute sa fortune en 1880 à l’Hospice de la Charité. La Cuvée provient presque à parts égales des Genévrières du Dessous (0,77 ha) et du Dessus (0,71 ha), l’ensemble fait 1,48 ha. Les vignes sont parfaitement matures ou anciennes. Les plus jeunes, représentant 23 % de la cuvée, datent de 1979, les autres sont de 1944, 1948, 1956 et 1964. La cuvée quant à elle, est relativement irrégulière et n’atteint que rarement les sommets ces dernières années.
En 2021, la robe est pâle avec des arômes discrets, mais très subtils évoluant vers la fougère, mais aucune trace de miel. Le vin présente beaucoup d’élégance et de longueur, avec des arômes d’une belle complexité. Un beau et subtil Genevrières qui fait honneur à ce grand terroir.
Taille de la cuvée : 5 pièces (21 pièces en 2020, 18 pièces en 2019, 26 pièces en 2018, 22 pièces en 2017). Élevage en fûts neufs de 228 litres de chez Damy avec des bois de la forêt de Tronçais.

Pour mémoire, de robe paille, le 2020 se présente avec un nez de fruits exotiques et surtout des arômes incroyables de poire William. Le vin est charmant, mais il manque hélas d’un peu de densité pour une cuvée de ce niveau.
Le 2019 se présente avec un nez de miel très intense, très Genevrières. Le vin est souple avec un peu de sucrosité, il a pris le bois, un peu trop. L’ensemble n’est pas très fin, mais le vin possède de la matière. Il évoluera bien dans un style ample. Dans le millésime 2018, le vin est dense, un peu tannique avec du fond, certes pas très sexy, mais costaud. Un élevage astucieux lui donnera la finesse qui lui manque pour le moment. Il vieillira bien. Tout comme en 2015, les Genévrières 2016 de la cuvée Baudot étaient structurées, mais loin de posséder l’ampleur attendue, quoiqu’incontestablement charmeur avec un joli fruit. Pour un Genévrières, il manquait toutefois d’un peu de profondeur qu’un élevage astucieux peut lui apporter. Le 2017 est encore trouble avec des notes boisées et surtout miel. Le vin est généreux, charmeur, ample, du fruit. Enfin un vrai Genevrières grâce au beau soleil du mois d’août.

10. Meursault 1er cru Genevrières Cuvée Philippe le Bon 2021 Note 92/100

Duc de Bourgogne, Philippe le Bon a beaucoup œuvré pour le prestige des vins de Bourgogne et il a protégé le chancelier Rollin en accordant tous les privilèges à l’Hôtel-Dieu pour en assurer la pérennité. Aujourd’hui, toutes les vignes sont plantées en Premier Cru Genévrières du Dessous (0,44 ha) pour moitié plantées en 1978, pour l’autre en 2001. Les vignes en Genévrières du Dessus (0,13 ha) ayant dû être arrachées, elles ont été replantées en 2009. La cuvée est d’une grande régularité et figure tous les ans parmi les meilleurs vins blancs des Hospices, en particulier dans les millésimes ensoleillés.

Le millésime 2021 se présente avec une robe pâle. Les arômes sont intenses, un peu plus rustiques que d’habitude, très marqués par les agrumes. Le vin est ample avec de la densité, il manque un peu d’harmonie à ce niveau, car il est toujours plus réussi dans les millésimes chauds que dans les millésimes plus frais comme 2021 où il manque un peu d’ampleur. Le vin est plaisant, mais il manque de grandeur à ce niveau probablement en raisin du millésime plus frais.

Taille de la cuvée : 4 pièces (10 pièces en 2020, 9 pièces en 2019, 15 pièces en 2018, 13 pièces en 2017). Élevage en fûts neufs de 228 litres de chez Damy avec des bois de la forêt de Tronçais.

Pour mémoire, de robe paille, le 2020 possède des arômes d’une belle complexité. Au premier abord, le vin est souple et rond, mais il affiche ensuite une vraie complexité et grande vraie densité qui en font une très belle réussite.
Le nez du 2019 est discret, puis il évolue avec complexité. Le vin est dense et très élégant, avec une belle structure fine, il possède de la longueur. Et une grande classe. Une belle réussite. Le millésime 2018 affiche une belle complexité avec une large palette aromatique, pas très long, légèrement tannique. C’est une belle réussite. En 2016, la Cuvée, produite traditionnellement en faible quantité, présente un nez très précis, le vin est élégant, de corpulence moyenne, long et racé, bien mieux que le 2015 qui était étonnamment structuré, un peu végétal, court, très surprenant pour le millésime et le climat. En 2017, la cuvée fait tout de même 13 pièces, le vin est ample, boisé, généreux, un rien court avec un boisé qui la marque. Il faudra en prendre soin à l’élevage pour combler le creux en milieu de bouche. Le millésime 2018 est le meilleur produit depuis quatre ans.

11. Meursault 1er cru Charmes, cuvée de Bahèzre de Lanlay 2021 Note 93/100

De souche bretonne, négociant de vins à Nuits-Saint-Georges, Louis Bahèzre de Lanlay a légué toute sa fortune en 1884 à l’Hospice de la Charité, ce qui permet la construction d’une clinique chirurgicale qui porte son nom. Le vin est issu d’un des meilleurs premiers crus de Meursault, Les Charmes (moitié Charmes-Dessus, moitié Charmes-Dessous) avec des vignes plantées en 1947 et 1946, mais pendant longtemps, il n’en était guère représentatif. Même si ces dernières années, la cuvée a gagné en pureté, la cuvée n’atteint que très occasionnellement le nirvana. C’était enfin le cas en 2020 !
Le millésime 2020 a engendré un vin de bonne facture avec une belle pureté, des arômes précis et de la suavité. Il n’est certes pas au niveau de l’extraordinaire 2020 au niveau du panache, mais ses qualités de fond avec une construction solide lui prédisent une belle évolution en bouteille.

Taille de la cuvée : 6 pièces (9 pièces en 2020, 7 pièces en 2019, 16 pièces en 2018, 11 pièces en 2017). Élevage en fûts neufs de 228 litres de chez Damy avec des bois de la forêt de Tronçais.

Pour mémoire, la robe du 2020 est paille avec des arômes dominés par des fragrances très fumées. Le vin possède une belle densité, il est tannique avec de la structure et de la fraîcheur, une belle complexité en finale. Enfin, une grande cuvée Bahèzre de Lanlay !
La robe du 2019 est paille avec un nez intense, citronné. Le vin est souple, avec un beau milieu de bouche charmant, mais il ne possède pas une personnalité ébouriffante. Le millésime 2018 est un vin souple et charmant, sans beaucoup de personnalité, mais d’une bonne franchise. Elle paye la générosité du millésime. Le 2016 était boisé avec un fruit superbe et un brin de mollesse, hélas. Il n’avait pas la classe de l’autre Charmes, la cuvée Albert Grivault. En 2017, il se présente avec un fruit superbe, beaucoup d’élégance et un très beau fond qui a tout de même un peu de mal à couvrir le boisé.

12. Meursault 1er cru Albert Grivault Charmes 2021 Note 95/100 / Coup de cœur

La parcelle de 55 ares est située dans les Charmes du Dessus qui est une des plus belles parties du climat et le vin des Hospices est toujours d’une grande régularité dans la haute qualité. Les vignes sont vieilles pour un tiers, un tiers d’âge moyen et un tiers plutôt jeune (plantées en 1997). La vigne avait été offerte en 1904 par Albert Grivault, vigneron à Meursault. Pour la petite histoire, elle était encépagée en pinot blanc avant d’être replantée en chardonnay. Millésime après millésime, la cuvée Albert Grivault est une valeur sûre.

Le millésime 2021 est dans la ligne des belles cuvées élaborées ces dernières années avec des arômes de grande classe et un vin très élégant et dense avec une trame serrée et une belle ligne acide qui lui donnent de la longueur, la finale est magistrale.
Taille de la cuvée : 3 pièces (10 pièces en 2020, 9 pièces en 2019, 12 pièces en 2019, 9 pièces en 2017). Élevage en fûts neufs de 228 litres de chez Damy avec des bois de la forêt de Tronçais.

Pour mémoire, de robe pâle, le 2020 se présente avec une classe folle. Le vin possède tout, des arômes magnifiques de poire et d’agrumes, le vin est dense avec un beau raisin mûr, mais sans excès, de la fraîcheur, de la longueur et une finale époustouflante. Supérieur au magnifique 2016, il représente une des réussites du millésime.

De robe paille, le nez du 2019 est déjà d’une belle complexité. Le vin est souple avec un formidable milieu de bouche, le tout est tenu par une belle structure, beaucoup de complexité, la finale est impressionnante avec une belle diversité. Très au-dessus du 2018. Le millésime 2018 se présente avec de jolies notes grillées, mais il est un peu fluide, un peu léger, personnalité excessive, mais de bonne facture. Tout comme en 2015 et les années précédentes, le 2016 possédait une belle matière, il était structuré, dense, long, de grande classe avec une très grande bouteille en perspective. Le 2017 se présente avec des arômes d’une grande complexité. Le vin est dense, serré, d’une belle longueur, avec de la classe et une superbe finale.

13. Corton blanc grand cru Docteur Peste 2021 Note 92/100

La cuvée est issue d’une parcelle de 40 ares dans Les Fiètres entre Les Chaumes et Les Perrières, dans la partie est. Dans cette partie, les Cortons blancs n’ont pas le droit à l’appellation Corton-Charlemagne. Auparavant, elle était plantée en pinot noir et les raisins entraient dans la cuvée du Docteur Peste rouge. Elle a été arrachée en 2011 et replantée en 2013 en chardonnay. La vigne est donc très jeune. À terme, la cuvée s’agrandira avec une autre vigne arrachée en 2013 dans Les Chaumes.
Les arômes du 2021 sont intenses, très citronnés. Le vin est dense et serré, mais filiforme, il manque un peu de fond comme d’habitude, quoiqu’il ait de la persistance, la finale très anisée est fort jolie. Comme en 2020, il paye la jeunesse de ses vignes, ce qui ne pardonne pas dans ces deux millésimes.
Taille de la cuvée : 1 pièce seulement (6 pièces en 2020, 3 pièces en 2019, 7 pièces en 2018, 6 pièces en 2017). Élevage en fûts neufs de 228 litres de chez Damy avec des bois de la forêt de Tronçais.

Pour mémoire, de robe claire, les arômes de ce 2020 ne sont pas très expressifs à ce stade. Le vin est souple et charmeur, de longueur moyenne, mais il manque un peu de fond et paye la jeunesse des vignes. Il se fera vite.
Le 2019 possède un nez intense d’une bonne complexité. Le vin est d’une étonnante densité avec un beau fond, un rien court et mou, légèrement tannique et rustique. La réduction du rendement lui a donné de la densité, mais le vin n’est pas encore à la hauteur. Avec le millésime 2018, enfin un Docteur Peste digne de ce nom. L’ensoleillement lui a fait grand bien, le vin est un peu tannique avec une très forte personnalité. Il ne ressemble à aucun autre. Le millésime 2016 avait vu la toute première sortie pour cette cuvée connue pour son corton rouge. Le vin était souple avec des arômes de caoutchouc qui signait un stress hydrique sur la vigne. Si le 2017 affiche une belle densité et même de la classe, l’acidité est tranchante, mais la matière est enfin au rendez-vous. L’acidité est un peu agressive, car le soleil a du mal à atteindre la parcelle, mais la chaleur du mois d’août sauve le vin. Il faudra être patient, mais la belle densité récompensera ceux qui le garderont.

14. Corton-Vergennes Paul Chanson Grand cru 2021 93 Note 93/100

Fondée au 18e siècle, la maison Chanson a montré plusieurs fois son attachement à l’institution avec Marie Chanson qui a donné une forte somme d’argent en 1934 et Paul Chanson qui a légué en 1974 une vigne de Corton Vergennes blanc. La parcelle de 0,27 ha est située dans le bas de la colline en appellation Corton-Vergennes, dans une partie argileuse plus propice au vin rouge. D’habitude, le vin en pâtit en étant souvent pataud, avec une acidité tranchante, mais dans les années chaudes comme 2015 ou 2020, le raisin atteint enfin sa pleine maturité et donne un vin puissant et massif. Depuis plusieurs millésimes, Ludivine Griveau arrive à le discipliner.
En 2021, le vin est massif et costaud avec une solide matière. Ce n’est pas un monstre de finesse, mais il est fidèle à lui-même. Les millésimes passent, Vergennes tient la barre. Avec une bonne dizaine d’années d’âge, il se complexifie. Patience.
Taille de la cuvée : 1 pièce et une feuillette (4 pièces en 2020, 3 pièces en 2019, 5 pièces en 2018, 4 pièces en 2017). Élevage en fûts neufs de 228 litres de chez Damy avec des bois de la forêt de Tronçais.

Pour mémoire, la robe du 2020 est pâle avec des reflets verts. Les arômes très fumés font peu à peu apparaître de seyants arômes de poire. Le vin est souple et tannique, il possède du fond et de larges épaules dans un style puissant sans beaucoup de nuances. Il faudra soit l’affiner à l’élevage, soit conserver cette force brute.
En 2019, le vin est dense, tannique, costaud, massif, très terroir argileux. Égal à lui-même. Il faudra le faire vieillir en bouteille en étant très patient. Un élevage judicieux peut le sublimer. Tout comme les années précédentes, le millésime 2018 est un vin est âpre, très caractéristique d’un blanc sur terroir à rouge. Pour amateur du genre. L’élevage lui fera du bien. Le 2016 se présentait avec de beaux arômes précis, le vin était dense, droit, plus classieux que le 2015, mais sans sa puissance. Le boisé trop caramel qui écrasait le vin pendant des années, lui rendait enfin justice avec un boisé beaucoup plus fin qui anoblit ce vin dont la noblesse n’est pas la caractéristique première. D’ailleurs, en 2017, il roule des mécaniques avec un vin costaud,  baraqué , le vin possède une grande matière compacte, il est un peu tannique comme d’habitude, avec tout de même une jolie finale. L’exemple type d’un vin blanc sur un terroir de rouge et cela fait longtemps que cela dure. La cuvée à ses amateurs. Le 2018 est dans le même style que le 2017.

15. Corton-Charlemagne Grand Cru, Cuvée Roi Soleil 2021 Note 92/100

Pendant longtemps, ce Corton-Charlemagne s’était nommé du nom de la donatrice Charlotte Dumay avant de prendre en 2010 ce nom étrange en souvenir bien sûr du Roi Soleil. Il est vrai que Sa Majesté avait visité l’Hôtel-Dieu en 1658 avec sa mère et sa suite en signant le livre d’or. Mais il ne faudrait pas pour autant oublier Charlotte Dumay qui en 1534 a donné cent ouvrées de vignobles, de la terre à Aloxe et une maison de Pierres ; une cuvée de Corton grand cru rouge porte son nom. Les vignes sont jeunes, moins d’une vingtaine d’années (les pinots noirs ont été arrachés en 1997 et replantés en chardonnay en 2001) et elles sont situées dans Les Renardes (34 ares). Pour le moment, il donne un Corton-Charlemagne fluide et léger, mais qui ne manque pas de classe.
Le 2021 se présente avec de jolis arômes de poire et de pêche. Le vin est frais et un peu fluide, un peu court, mais avec une élégance très aristocratique. Le vin évolue bien en bouteille en gardant ce style un peu mince, mais tout en finesse.
Taille de la cuvée : 1 pièce (4 pièces en 2020, 3 pièces en 2019, 5 pièces en 2018, 4 pièces en 2017). Élevage en fûts neufs de 228 litres de chez Damy avec des bois de la forêt de Tronçais.

Pour mémoire, le 2020 se présente avec une robe pâle et des arômes de poire. Le vin est fluide et léger, il paye ses jeunes vignes, mais il possède une élégance certaine, digne du grand cru. Le 2019 possède une belle attaque, mais il est léger, fluide, boisé, charmeur par sa sucrosité. Le boisé n’est toujours pas à la hauteur, car le vin manque de densité pour un fût neuf. En 2018, le vin est léger, fluide, boisé et court, mais avec une certaine classe. En 2016, le vin affichait une bonne densité, la prise de bois se faisait sentir, l’ensemble était un peu court en raison de la jeunesse de la vigne. En 2017, le vin affiche une bonne densité, l’ensemble est un peu court, toujours avec une prise de bois, relativement structuré, avec tout de même une certaine élégance. Un élevage astucieux lui fera du bien.

16. Corton-Charlemagne Grand Cru Cuvée François de Salins 2021 Note 97/100 / Coup de cœur

La cuvée porte le nom de François de Salins, chanoine de la collégiale de Beaune qui a légué en 1748 à l’Hôtel-Dieu son domaine de Savigny-les Beaune. La vigne de 48 ares est située dans la partie sud-est du grand cru, tout prêt de la partie historique Le Charlemagne dans une des meilleures situations possibles, exposées sud et sud-est entre Aloxe-Corton et Pernand-Vergelesses. Une bonne moitié des vignes (58 %) a été plantée en 1944, un bon quart (27 %) en 1981, le reste en 1998. Depuis 2017, il est d’une régularité époustouflante dans la haute qualité.

Le 2021 se présente avec des arômes splendides comme d’habitude. Le vin est dense et serré, très racinaire avec une énorme concentration, la longueur est impressionnante, la final encore retenue de grande classe. Un immense corton-charlemagne !
Taille de la cuvée : 2 pièces (9 pièces en 2020, 4 pièces en 2019, 8 pièces en 2018, 6 pièces en 2017). Élevage en fûts neufs de 228 litres de chez Damy avec des bois de la forêt de Tronçais.
De robe pâle, le 2020 arbore un nez splendide et complexe porté par des notes de rose. En bouche, il présente une élégance incroyable avec une vraie distinction, des notes florales, une longueur invraisemblable. Une réussite majeure, la plus belle réussite des vins blancs des hospices.

Pour mémoire, le 2019 est dense, serré, compact, avec une belle palette aromatique, une grande longueur et une finale éblouissante. Enfin ! Tout comme en 2018, ce splendide Corton-Charlemagne est à son rendez-vous. Le millésime 2018 affiche un beau nez complexe. Le vin est élégant, complexe, raffiné. Splendide ! La raison ? Il a été vendangé à une maturité idéale, un peu plus tôt que d’habitude. Pourtant, la vigne a souffert, labourée plusieurs fois. En 2016, le vin possédait de la densité, de la personnalité avec ses notes fumées, il était frais, bien défini, mais un rien court par rapport à sa belle situation. Le 2017 avait, enfin, fait honneur à son rang avec des arômes étincelants. Le vin est dense, persistant avec un fort joli milieu de bouche et un beau rebond en finale, le tout tendu par une bonne structure. Un beau corton-charlemagne digne de sa belle situation. Cela fait des années que l’on attendait son arrivée. Le millésime 2018 confirme ce renouveau, en un rien moins dense que 2017, le 2019 aussi.

17. Bâtard-Montrachet Grand Cru, Cuvée Dames de Flandres 2019 Note 96/100

Le vignoble de 0,29 ha est situé côté Chassagne-Montrachet en exposition sud-est. Planté en 1974, il a été acquis par les Hospices de Beaune en 1989. Le nom de la cuvée rappelle que les premières hospitalières de l’Hôtel-Dieu sont venues du Hainaut lorsque le Duché de Bourgogne allait jusqu’à la mer du Nord. Le vin est d’une grande régularité avec beaucoup de puissance, singulièrement dans les millésimes chauds.

Le millésime 2021 a engendré un vin à la robe un peu plus claire que d’habitude, mais les arômes sont flamboyants, plus pamplemousse que la poire William habituelle. Le vin est ample et puissant, un peu plus terrien que d’habitude, très dense, d’une longueur impressionnante avec un soupçon de fraîcheur supplémentaire dans un océan de puissance. De grande garde bien évidemment.

Taille de la cuvée : 2 pièces et une feuillette (4 pièces en 2020, 3 pièces en 2019, 5 pièces en 2018, 3 pièces en 2017). Élevage en fûts neufs de 228 litres de chez Damy avec des bois de la forêt de Tronçais.

Pour mémoire, la robe du 2020 est pâle à reflets verts avec des arômes qui s’expriment peu au premier abord pour aller vers des notes de poires Williams spécifiques au millésime et les notes citronnées habituelles. Le vin est puissant, assez massif avec une grosse matière. Le terroir le plus argileux du Bâtard-Montrachet a encaissé sans férir la sécheresse du millésime. C’est du Bâtard-Montrachet jusqu’au bout des oreilles et il lui faudra une bonne dizaine d’années pour s’affiner.

La robe du 2019 est paille avec des arômes est incroyablement intenses, très citronnés. En bouche, la masse de vin est impressionnante avec du volume et une matière incroyable. Il ira loin. Le 2018 se présente avec un beau nez citronné. Le vin est dense, costaud, ample, beau fond, avec une belle matière. Un vin superbe. En 2016, le gel avait réduit la récolte qui était toute petite et il a fallu trier les raisins de l’oïdium. Évidemment, le vin était très loin du remarquable 2015 qui était issu de toutes petites baies très mûres et qui avait engendré un ample et gras, riche, boisé, plein avec une fine acidité sous-jacente. Le 2016 était deux tons en dessous et il est d’honnête facture, le fin boisé couvre judicieusement les traces d’oïdium, l’ensemble est plus fin que d’habitude. Le 2017 est ample, souple, très Bâtard, généreux, mais avec un petit creux en milieu de bouche. Il faudra savoir l’élever. Le 2018 est au même niveau que le beau 2017.

Pour en savoir plus sur la vente aux enchères 2021 des Hospices de Beaune, lisez aussi :

- Les Hospices de Beaune 2021 par Bernard Burtschy
- Les vins rouges des Hospices de Beaune 2021 : très purs et d’une grande fraîcheur

Publié , par Bernard Burtschy