Une vente aux enchères de vin au service de la recherche contre le cancer

Une vente aux enchères de vin au service de la recherche contre le cancer

L’événementiel en berne en cette année de confinement attaque le moral de certain(e)s, mais également les opérations caritatives.
La fondation Toulouse Cancer Santé a donc pris les devants en organisant une vente aux enchères en ligne de vins réputés d’appellations aux quatre coins de la France, afin de pouvoir compenser le manque à gagner dû à l’absence d’événements en 2020 et les incertitudes liées à 2021.
Le vin fait du bien à l’âme, et il peut aussi sauver des vies : les professionnels de la filière peuvent participer en donnant un/des lot(s) jusqu’à fin janvier 2021. Tous à vos marteaux virtuels le 4 février 2021 sur interenchères.com pour assister à la vente, parrainée par le célèbre chef toulousain Michel Sarran !

Vue panoramique oncopole
Vue panoramique oncopole

Interview de Gérald du Crest, Directeur du Développement de la fondation Toulouse Cancer Santé

Le catalogue des lots est en cours de constitution, comment avez-vous approché les professionnels de la filière et qui comptez-vous déjà dans vos rangs ?

Nous avions organisé notre première vente aux enchères de vin l’année dernière, sur une proposition de la CPME (Confédération des Petites et Moyennes Entreprises) de la Haute-Garonne, lors d’une soirée caritative, avec l’objectif de récolter des fonds pour nos projets de recherche sur le cancer.
J’avais alors contacté les grands crus bordelais, qui furent quelques-uns à nous suivre, et surtout à repartir avec nous cette année, accompagnés par de nouveaux donateurs. J’ai étendu mon appel aux autres régions de France, comme la Bourgogne et la Vallée du Rhône, et surtout à tous les acteurs de la filière : producteurs mais aussi négociants, sites de vente en lignes et cavistes, en grande surface comme les particuliers.
Nous disposons aujourd’hui d’une trentaine de lots offerts par ces acteurs, chaque lot étant une caisse de six bouteilles, représentant une valeur de 30 000€, ce qui dépasse notre objectif initial et nous pousse à continuer.
Pour Bordeaux, le Château Haut-Brion, Valandraud, Pichon Baron, Gruaud Larose, Léoville Poyferré, Rieussec, La Couspaude, Lanessan Maison Blanche, La Ribaud, Lagrange, Beau-Séjour Bécot et Joanin Bécot ont fait don de leurs vins.

Cuvée Haut-Brion
Cuvée Haut-Brion

En Bourgogne, nous comptons le domaine Perrot-Minot, Geantet-Pansiot, Edouard Delaunay, Les Didiers, Latour, Charly Nicolle et le Clos des Cortons ; en vallée du Rhône le Château de Beaucastel, Gardarèm Marrenon, Ravoire et Fils, Dauvergne Ranvier et le Pas de l’Aigle, et enfin en Languedoc-Roussillon le Clos dOra, le domaine Gayda, Borie de Maurel, le Château de Pennautier et la Cuvée de la Solidarité.
La constitution du catalogue est ouverte jusqu’à la fin du mois de janvier, nous serions ravis d’accueillir de nouveaux donateurs de ces régions et d’autres régions viticoles françaises !

Cuvées Clos d’Ora et Perrot-Minot
Cuvées Clos d’Ora et Perrot-Minot

Quelle est la particularité de la fondation, et à quelles fins vont être alloués les fonds récoltés ?

En temps normal, nous lançons chaque année un appel à projet en fonction des besoins identifiés par les chercheurs de l’oncopole.
L’argent collecté est fléché sur les projets retenus sur cette année-là.
Ce qui nous distingue des autres acteurs du monde de la philanthropie est notre périmètre d’intervention : nous allons là où les autres ne vont pas, en favorisant des temps de recherche important.
Dans la plupart des structures, les chercheurs sont dotés d’un salaire et sont accueillis par elle, mais ils doivent répondre de façon autonome à des appels à projets afin d’obtenir des financements pour leurs recherches.
La fondation Toulouse Cancer Santé leur donne un budget dès le début, et notre autre atout réside dans notre approche pluridisciplinaire, permettant d’élargir les champs de recherche et de les aborder de façon beaucoup plus complète. Sans compter l’idée originelle qui a présidé à la conception de l’Oncopôle, initiée par Philippe Douste-Blazy sur l’ancien site d’AZF en 2004 : raccourcir les délais et rapprocher chercheurs et médecins, qui évoluent dans un même univers (par exemple en allant à la même caféteria), et ça change tout ! L’interaction génère de véritables innovations, et a une portée très concrète également : lorsqu’un échantillon est prélevé sur un patient, dans le quart d’heure suivant il est au labo, et arrive donc non-dégradé.
Nous nous comparons souvent à un hors-bord par rapport aux paquebots que sont les autres acteurs : il faut de tout car financièrement, nous ne jouons pas dans la même cour qu’eux, mais nous sommes indéniablement complémentaires et avons une réelle plus-value.

Comment seront fixés les prix et qu’adviendra-t-il des lots non vendus ?

C’est le commissaire-priseur, Marc Labarbe, qui fixera les prix, sur la base du prix de vente indiqué par les donateurs, en sachant que ces prix ne seront pas revus à la baisse.
Les éventuels lots non vendus seront conservés pour une vente future, en espérant que ce soit par exemple lors de la prochaine soirée organisée par la CPME où nous pourrons nous retrouver physiquement !
Nous souhaitons rassurer aussi les futurs acquéreurs sur le soin apporté au transport et à la conservation des lots. Les vins sont stockés dans une cave à vin chez un prestataire ad hoc (en l’occurrence Leader box) qui le conservera gratuitement.
Donc le vin sort de la cave du donateur pour aller directement dans cette cave de stockage.

Quelles sont les modalités pratiques pour participer à la vente et comment l’avez-vous conçue en format virtuel ?

Elle aura donc lieu le 4 février 2021, sur le site d’internecheres.com.
Il suffit de s’inscrire, sachant qu’une première vérification de la carte bleue doit avoir lieu préalablement à la participation à une vente.
Marc Labarbe la dirigera depuis son étude, et nous aimerions la rendre la plus participative et chaleureuse possible. Nous avons donc pensé à diffuser en live, pendant la vente, une tablée composée du parrain de la vente, Michel Sarran, accompagné d’autres convives issus de la société civile (artistes, chercheurs…).
Chacun amènerait le vin de son choix. Nous nous sommes inspirés de l’émission 93, Faubourg Saint-Honoré, animé par Thierry Ardisson. Ce sera diffusé sur les comptes Facebook des participants comme sur le site d’Interencheres.

Michel Sarran, parrain de la vente
Michel Sarran, parrain de la vente

Si vous participiez à cette tablée, quel(s) vin(s) auriez-vous apporté ?

Bordeaux est mon penchant naturel, notamment parce que j’ai fait mes études là-bas, correspondant à l’époque où j’ai commencé à apprécier le vin.
J’ai un faible tout à fait subjectif pour les vins du Château Gruaud Larose. Lorsque j’étais étudiant, je n’avais pas le budget pour les Haut-Brion par exemple, et puis j’aimais bien leur baseline, Le vin des rois, le roi des vins, la dimension historique m’évoquait beaucoup de choses.

Que retirez-vous, humainement, de cette expérience ?

Entrer dans cet univers du vin donne envie de le connaître encore davantage. C’est un univers particulier, et magique aussi.
J’ai été très touché par la générosité de l’ensemble des donateurs, notamment par le site de vente en ligne Vintex, qui a offert deux caisses de vins et a prospecté auprès de ses clients pour nous aider, entrainant la participation de deux châteaux en plus dans le pool des donateurs.
Nous avions initialement pour objectif d’atteindre 30 000€ de recettes, mais à la faveur de ces beaux élans de générosité, nous serions heureux d’atteindre 50 000€.
Espérons que nous résistions aux vents contraires du contexte actuel et puissions financer nos projets de recherche contre le cancer du mieux possible pour l’année à venir !

Cuvée Beaucastel
Cuvée Beaucastel