Que boire avec de l’aligot ?

Que boire avec de l’aligot ?

Mets rustique par excellence, l’aligot réchauffe les cœurs grâce à sa gourmandise lorsque les températures chutent. On aime le savourer devant un feu de cheminée, au centre d’une grande tablée ou en déambulant dans les marchés hivernaux… Avec le vin adéquat.

Ce généreux mélange de pommes de terre en purée, de crème et de tome fraîche aurait vu le jour au XIIème siècle. Il est né au Monastère d’Aubrac, lieu bien connu des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle qui avaient pour coutume de s’y arrêter afin de demander quelque chose à manger. Ce quelque chose, aliquid en latin, est devenu aligot.
A l’époque, il se composait de mie de pain, de tome et de bouillon. Au fil du temps, la recette de l'Aligot évolue, jusqu’à devenir ce plat convivial que l’on adore aujourd’hui. Sa texture filante lui a même valu le surnom de ruban de l’amitié dans sa région d’origine. Onctueux, succulent, réconfortant, il est également l’allié de nombreuses cuvées que je vous propose de découvrir sans attendre.

L'Aligot seul : un vin blanc vif

L’aligot est de ces délices qui se dégustent facilement sans aucune fioriture. Cependant, on préfèrera le marier avec des blancs empreints d’une belle acidité afin d’équilibrer son gras et éviter trop de lourdeur.
Partons donc dans les contrées montagneuses du Jura avec l’appellation L’Etoile. Le nez est d’une complexité incroyable, oscillant entre des notes d’acacia, de noisette et d’amande qui feront des merveilles aux côtés du fromage. Vive mais jamais agressive, d’une excellente tenue, la bouche associe fraîcheur et rondeur.
Dans le même esprit, rendez-vous en Bourgogne. Dans la partie la plus septentrionale de cette célèbre région viticole, à quelques encablures d’Auxerre, Petit-Chablis délivre des flacons à la personnalité affirmée. Ici, le Chardonnay puise dans un terroir singulier pour exprimer les fleurs blanches, la cire d’abeille, les agrumes et la pierre à fusil. Cette dernière est synonyme de minéralité marquée. Un vin très sec et charpenté qui apporte une dimension aérienne à l’aligot sans s’effacer.
Vous pouvez également surprendre vos invités avec un Ventoux venu de la Vallée du Rhône. Dès les premières inspirations, ce sont l’iris, la pomme verte et l’amande qui s’imposent. Des senteurs florales et fruitées que l’on retrouve avec plaisir au palais. Il pourra enrichir le plat et venir l’enrober délicatement.

L'Aligot en accompagnement : un vin rouge de caractère

Il est fréquent de le servir avec une saucisse grillée lors d’un repas authentique que les bons vivants apprécieront sans aucun doute. Dans ce cas, on préfèrera se tourner vers des vins rouges charpentés qui sauront s’opposer à ces saveurs puissantes.
Pour un accord local, misez sur un Saint-Pourçain d’Auvergne. Les épices rencontrent la groseille et le sous-bois, le tout souligné par une surprenante touche minérale. Ses tanins, présents mais fondus, sont du plus bel effet avec ce mets.
Dans le Sud-Ouest, deux possibilités s’offrent à vous. Un Marcillac épicé sur les fruits rouges, ou bien un Cahors. Ce vin possède un bouquet magnifique de complexité. Allant des fruits rouges au pruneau, de la cannelle au cassis, du poivre au cacao, du sous-bois à la truffe. En bouche, il est à la fois concentré et élégant. Tout au long de la dégustation, on décèle des notes de torréfaction, de réglisse, ou encore de violette. L’ensemble est charnu et charpenté, avec une superbe harmonie et une rondeur bienvenue pour faire écho au fromage.
Enfin, parcourez la France et terminez votre périple gustatif à Collioure, dans le Languedoc-Roussillon (lisez notre article Banyuls, Collioure : découvrez toute la richesse viticole de la Côte Vermeille). Cet environnement chaleureux donne des vins à son image. Des fragrances fruitées s’en dégagent, ainsi que des senteurs de cuir et d’épices. Souple et velouté à souhait.

Publié , par Marie Lallemand