Tour du monde des vignobles : le Canada

Tour du monde des vignobles : le Canada

Rocheuses, forêts boréales, chutes impressionnantes…le Canada est connu à travers la planète pour sa nature indomptée et majestueuse. Mais entre deux excursions, arrêtez-vous pour déguster les vins locaux, une production aussi diversifiée qu’intéressante.

Des vignes présentes depuis la nuit des temps

On pourrait penser que le climat y est bien trop frileux pour que la vigne puisse s’épanouir. Pourtant, saviez-vous que lorsque les vikings islandais arrivèrent sur ces terres plus de mille ans en arrière, ils la surnommèrent Vinland en raison de ses nombreuses vignes sauvages ? C’est Johann Schiller, ancien militaire et cordonnier, qui fût le premier à en tirer du vin près de Toronto à la fin du XIXe siècle. Toutefois, la production viticole canadienne ne connaîtra un véritable essor qu’en 1987 avec l’accord de libre-échange avec les États-Unis. En effet, ce dernier encourage l’implantation de cépages européens et signe le début d’une industrie moderne qui ne tardera pas à s’imposer à l’international.

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Une grande variété de terroirs

Les viticulteurs privilégient les régions proches des Grands Lacs, ces vastes étendues d’eau tempérant les conditions météorologiques rugueuses, des vagues de chaleur aux épisodes de gel. Ce qui explique que les provinces de l’Ontario et de Colombie-Britannique soient responsables d’environ 80% de la production du pays.

Plusieurs régions viticoles se distinguent particulièrement. En Colombie-Britannique, la vallée de l’Okanagan et son atmosphère presque désertique apprécie les cépages à maturité précoce qui délivrent ici un fruité éclatant. Côté blancs, le Riesling et le Chardonnay s’imposent. Quant aux rouges, ils sont issus d’assemblages bordelais. La Similkaneen valley, elle, s’est spécialisée dans l’élaboration de vins rouges avec une belle matière. L’île de Vancouver et les îles du golfe se démarquent par leur fraîcheur et leur humidité, qui n’empêchent cependant pas la culture de la vigne.

Dans l’Ontario, partez à la découverte de la péninsule du Niagara, la plus vaste étendue viticole du Canada. Elle comprend notamment le comté de Prince-Édouard au sein duquel les températures peuvent chuter à -30°C en hiver. Les viticulteurs doivent donc enterrer leurs vignes pendant cette période afin de les protéger. Une technique singulière que l’on trouve dans d’autres pays nordiques tels que le Danemark ou la Suède. Plus au sud, le lac Ontario, entre autres Grands Lacs, adoucit cette zone semi-continentale. Ainsi, elles accumulent le froid en hiver et la chaleur pendant l’été, ce qui a pour conséquence de retarder le débourrement et de prolonger la maturation. Chardonnay, Pinot Noir, Gamay et Syrah y composent un florilège de vins. Des blancs secs à la vivacité inégalée, des rouges robustes et complexes, des effervescents aériens…et les célèbres vins de glace.

Le spécialiste du vin de glace

Il est le premier producteur de vin de glace au monde. Cette technique singulière, que l’on trouve également en Alsace et dans certains pays d’Europe de l’Est, consiste à laisser geler la baie sur pied pour qu’elle concentre ses sucres et ses arômes. En découlent des vins moelleux à liquoreux d’une finesse exceptionnelle.

Les plus courants sont ceux provenant du Riesling, un cépage qui a trouvé ici une terre de prédilection grâce à sa richesse en sols calcaires. Les amateurs de vin les plus curieux aimeront également déguster des cuvées à base de Vidal, un hydride français que l’on reconnaît à ses notes de groseille. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, les vins de glace ne sont pas uniquement l’apanage des blancs. Il en existe aussi des rouges, à la robe pâle, qui font la part belle au Cabernet Franc. S’ils sont longtemps restés anecdotiques, ils prennent ces dernières années de plus en plus de place.

Publié , par Marie Lallemand
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